1230 – Commencée en 1224 sous l’impulsion de l’abbé Robaldus, la reconstruction du chœur de l’abbaye de Saint Paul est désormais achevée. Avec son double triforium et ses cinq chapelles absidiales, le nouvel édifice dont la voute d’ogives s’élève à 22 m, s’inscrit dans le style gothique d’Ile de France et de Champagne.
1231 – l’archevêque Pierre Amiel invite officiellement les
Frères Prêcheurs à venir s’installer à Narbonne "côté Bourg" dont
on a dit qu’il était « un repaire d’hérétiques ». Le prélat compte
spécialement sur leur talent dans la prédication pour éradiquer l’hérésie. Il leur
fait don d’une maison et de terres dans le quartier de La Mayolle, s’engageant à ce qu’ils puissent, à l’avenir, agrandir leur domaine,
si nécessaire. Le choix de cet emplacement, à proximité des remparts, avait l'avantage de permettre une future extension dans la mesure où on y dénombrait alors que de rares constructions. Il leur concède également le droit de bâtir une église et leur
fait don de sa bible glosée. L’établissement compte dès cette époque un prieur,
Frère Ferrier, et douze religieux.
Les Frères Prêcheurs avaient tenté, dix ans plus tôt, de fonder un établissement à Narbonne mais en avaient été rapidement chassés. Ils s’étaient discrètement réimplantés dans la ville en 1228 à la faveur du testament d’un narbonnais qui les gratifiait du legs d’une maison.
1232 – l’archevêque Pierre Amiel tient une assemblée au
cours de laquelle il exige du vicomte Aymeri III qu’il se considère comme son
vassal tout en s'obligeant à confirmer les coutumes municipales.
Lorsqu’il est à Narbonne, Pierre Amiel réside avec son bayle* dans le Palais Vieux édifié par son prédécesseur Arnaud-Amalric. Il en poursuit lesaménagements intérieurs dont une décoration peinte du plafond de la grande salle d’apparat (l’aula)
du premier étage. Il ouvre également un ambitieux
chantier avec la construction du Palais Neuf destiné à accueillir les services
administratifs de l’archevêché et à loger les officiers qui y travaillent.
Celui-ci ne sera, toutefois, terminé que de des décennies plus tard.
*- administrateur
8 mars 1233 – le pape Grégoire IX adresse une lettre au prieur des Frères Prêcheurs de Narbonne lui confirmant la donation de terres que leur a faite l’archevêque Pierre Amiel.
12 avril 1233 - le pape Grégoire IX adresse une lettre au
vicomte de Narbonne Aymeric III et aux habitants de Cité et de Bourg pour les
remercier de leur fidélité à « la Sainte Eglise et à la foi
chrétienne » au cours de la « guerre contre les hérétiques ».
20 avril 1233 – la bulle ponticale "Ille Humani Generis" officialise, en France, le
tribunal de l’Inquisition (Inquisitio hereticae pravitatis) auquel revient la
charge de démasquer et condamner les hérétiques et les catholiques qui leur
seraient complices. Cette juridiction, censée limiter l’arbitraire des justices
seigneuriale et épiscopale va, en fait, s’avérer une redoutable machine à réprimer,
tout en confiant au bras séculier le soin d’exécuter les basses œuvres.
9 juillet 1233 –
Raoul de Narbonne, un collaborateur de l’archevêque Pierre Amiel est qualifié
dans une bulle de « hereticorum persecutor ». A titre de récompense,
le légat du pape Gautier, évêque de Tournai lui fait attribuer une redevance
annuelle en grains sur les abbayes de Lagrasse, Montolieu, Caunes, Saint Pons
et Saint Thibéry.
27 juillet 1234 – Le pape Grégoire IX confie à l'archevêque de Vienne Jean de Bernin la charge de légat apostolique dans les provinces de Narbonne, d'Arles, d'Aix et de Vienne ainsi que dans la plupart des évêchés du midi. Le pape l'engage à employer les censures contre les pertubateurs de la paix et de la foi.
7 février 1234 – Les
biens de Germain Bastier sont mis en liquidation après que celui-ci a été
convaincu d’hérésie et livré aux flammes sur ordre de l’archevêque Pierre Amiel.
Les terres confisquées sont accordées aux Frères Prêcheurs.
24 mars 1234 – En réponse aux dégradations commises à
l’intérieur de l’abbaye de Saint Paul par des habitants de Bourg opposés à
l’arrestation de Guillaume d’Argens, accusé d’hérésie, l’archevêque Pierre
Amiel jette un interdit sur le quartier et en excommunie les hommes et les
consuls. Il entend ainsi limiter le pouvoir grandissant des confréries de Bourg qui, à l'image de celle créée à Marseille en 1215,
se signalent par leur anticléricalisme.
3juillet 1234 – Le
fondateur de l’Ordre des Frères Prêcheurs Dominique Guzman, décédé à Bologne
en 1221, est canonisé sous le nom de Saint Dominique. Son corps est exhumé
pour la circonstance sur ordre su pape Grégoire IX et exposé à la vénération
des fidèles.
L’ordre mendiant des Frères Prêcheurs dont il est à l’origine et qui, depuis la fondation en 1206 du monastère de Prouille s’est consacré à la prédication dans les terres où s’est répandue l’hérésie cathare, est renommé pour devenir celui des Dominicains.
1er octobre 1234 – après la tenue au printemps du Concile
d’Arles qui a confirmé l’importance dans chaque paroisse d’une commission
d’enquête pour lutter contre l’hérésie et instauré une procédure d’exhumation
dans le cas d’une découverte posthume de cette hérésie, l’archevêque de
Narbonne Pierre Amiel fait publier des statuts de paix contre les hérétiques
applicables au quartier de Bourg.
Il a pour témoins le sénéchal de Carcassonne et plusieurs dignitaires ecclésiastiques dont le légat du pape Gautier, évêque de Tournai, l’archevêque de Vienne Jean de Bernin, l’évêque Arnaud de Nîmes, l’évêque de Béziers Bernard de Cuxac, l’évêque de Toulouse Raymond du Fauga et Bernard de Berga, l’évêque d’Elne. Les habitants de Bourg sont désormais tenus de prêter serment de fidélité à la foi catholique. Ils se doivent de dénoncer les hérétiques ou ceux qu’ils suspectent à l’archevêque ou à son official. Il s'interdisent de les recevoir et s’engagent à les combattre en toute occasion.
Les habitants de Bourg excluent de souscrire à l’accord proposé. Indépendamment du problème des confréries, les représentants du quartier refusent de prêter serment à l’archevêque en tant que seigneur temporel estimant qu’il ne peut s’arroger des compétences réservées au roi de France et au vicomte. C’est un véritable climat de guerre qui s’instaure entre le Bourg, accusé d’être un foyer d’hérétiques et la Cité jugée exemplaire pour sa fidélité à l’Eglise catholique. La plupart des habitants du quartier, en majorité des artisans et des commerçants, sont exaspérés par la conduite arbitraire de Frère Ferrier, l’inquisiteur épiscopal d’origine catalane qui, sans aucun respect pour les privilèges consulaires acquis depuis le début du siècle, se livre à des condamnations bien souvent arbitraires et à des confiscations. Beaucoup sont accusés d’hérésie, à raison autant qu’à tort, baffouant, de la sorte, les prérogatives dont bénéficient les consuls. A titre de représailles des habitants de Bourg entrent de force dans l’abbaye de Saint Paul dont ils saisissent les biens. Ceux-ci considèrent l’attitude de l’inquisition à leur égard comme une remise en cause de leurs institutions consulaires et de l’autonomie municipale qui en découle. Ils ont bien compris que c’est justement cette autonomie que l’archevêque Pierre Amiel cherche à détruire. Conscient d’avoir suscité un véritable climat de révolte et se sentant lui-même menacé, le prélat préfère s’éloigner au plus vite de Narbonne et par se réfugier dans ses châteaux de Montels et Capestang.
La première mention d’une résidence épiscopale à Capestang (ancienne Caput Stagni qui bordait le nord de l’ancienne lagune narbonnaise conduisant à la mer) remonte à l’année 1166. Le bâtiment était alors composé de deux corps de bâtiments disposées en L de part et d’autre d’un donjon carré. Les archevêques partageaient la co-seigneurie de Capestang avec les Gaucerand.
1235 – de retour à Narbonne, l’archevêque Pierre Amiel organise un concile au cours duquel il s’efforce prendre des mesures d’apaisement. Bien qu’il ne soit pas question pour lui, de remettre en cause le rôle de l’inquisition, il estime que le chasse aux hérétiques devrait être animée d’un esprit de modération.
1235 – Une sentence confirme que le château de Gruissan
appartient pour moitié à Béranger de Boutenac, dont la famille est alliée au
vicomte de Narbonne et à l’archevêque Pierre Amiel qui en conservera les droits
et la jouissance jusqu’à sa mort.
Novembre 1235 – Installé depuis 7 ans dans le quartier de
Bourg, le couvent des Frères Prêcheurs est investi et mis à sac par la
population. Des livres de la bibliothèque sont déchirés, le mobilier du
réfectoire endommagé, le vin conservé dans le cellier répandu.
Un véritable climat d'insurrection s’est installé dans le
quartier de Bourg, là où le frère Ferrier se montre le plus virulent tandis que
celui de Cité où résident l'aristocratie et les plus anciennes familles de Narbonne (cives), est ostensiblement préservé.
Le zèle avec lequel Pierre Amiel se livre à la chasse aux hérétiques se mesure au nombre des confiscations dont bénéficie, en premier lieu, l’archevêché de Narbonne depuis un accord conclu en 1226 avec le roi Louis VIII selon lequel les revenus saisis auprès des hérétiques reviennent à la Couronne tandis que le prélat hérite de leurs biens si ceux-ci relèvent des seigneuries archiépiscopale et vicomtale. Cette mesure constitue pour l’Église de Narbonne, un mode d’enrichissement proportionnel au nombre de condamnations. Reconnaissant, il reverse aux dominicains une partie des biens soustraits aux hérétiques.
Venant de ramener le calme dans sa ville après les troubles provoqués par les abus dont s'est rendue coupable l’inquisition, le Comte Raymond VII de Toulouse prend l’initiative de confier à l’un de ses fidèles Olivier de Termes, la tâche délicate de réconcilier les deux quartiers de Narbonne. Celle-ci s’avère bientôt d’autant plus hasardeuse que les commerçants et les artisans du quartier de Cité se sont rangés du côté de l’Eglise, y voyant une opportunité de retrouver leur statut, menacé selon eux par la concurrence déloyale que symbolise la « ville nouvelle » qui a poussé sur la rive droite de l’Aude. Assisté dans cette tâche par Géraud de Niort (1195-1256), vicomte de Sault et seigneur de Montréal, dont la famille est bien connue pour ses liens avec les cathares, Olivier de Termes ne peut cacher ses sympathies envers les commerçants et artisans de Bourg (burgenses), attisant plutôt qu’il ne les apaise, les tensions entre les deux quartiers. Les heurts sont devenus fréquents, souvent violents, faisant des blessés et même des morts. Cette proximité affichée avec ceux que l’Eglise soupçonne volontiers d’hérésie vaut à Olivier de Termes et Géraud de Niort d’être placés sous la surveillance de l’Inquisition. Leur mission se solde par un échec tandis que Géraud lui-même est considéré comme une hérétique.
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Le château de Termes au cœur du massif des Corbières |
Olivier de Termes (c. 1200– 1274) - fils de Raimond seigneur de Termes, il est exfiltré avec son tout jeune frère du château familial en juillet 1210, avant que les troupes de Simon de Montfort n’y donnent l’assaut. C’est, dès lors, en Catalogne, d'où est originaire sa mère, qu’il reçoit son éducation et passe une partie de sa jeunesse. De retour sur ses terres en 1224 après la conclusion d’une trêve entre le Comte de Toulouse et Amaury de Montfort, il se met deux ans plus tard au service de Raymond VII pour défendre les intérêts des seigneurs méridionaux face aux ambitions du roi Louis VIII. Contraint toutefois d’abriter une garnison royale dans son château de Termes, il rejoint le comte de Toulouse au moment où celui-ci tente de profiter de la mort prématurée du roi de France pour reprendre possession de ses droits seigneuriaux.
Il est notamment chargé par Raymond VII de défendre la citadelle de Labécède aux côtés de Pons de Villeneuve mais ne peut longtemps résister à l’armée du sénéchal Imbert de Beaujeu et à ses machines de guerre. Bien que dépossédé de son château de Termes, il se voit attribuer des terres dans le Lauragais, notamment Villepinte, Pexiora et une partie de Bram après sa réconciliation officielle avec l’Eglise. Ayant conservé des liens familiaux en Catalogne, Olivier de Termes accompagne, en septembre 1229, le roi Jacques 1er d’Aragon lors de l’expédition destinée à conquérir l’ile de Majorque tenue par les Almohades depuis le début du Xème siècle. Considéré comme un proche du roi, il sera récompensé de nouvelles terres après le succès de l’opération. Il semble, en revanche, d'après certaines sources, que son jeune frère Bernard l'ait accompagné lors de cette campagne et qu'il ait été tué au cours des engagements.
En 1234, le Comte Raymond VII de Toulouse confie à Olivier de Termes la tâche délicate de ramener le calme à Narbonne où les habitants de Bourg se sont révoltés contre l’archevêque et l’inquisition. Assisté de Géraud de Niort (1195-1256), vicomte de Sault et seigneur de Montréal, dont la famille est bien connue pour ses liens avec les cathares, il prend régulièrement parti en faveur des commerçants et artisans de Bourg, attisant, en fait, les hostilités entre les quartiers. Sa proximité, par trop flagrante, avec ceux que l’Eglise soupçonne volontiers d’hérésie lui vaut d’être placé sous la surveillance de l’inquisition. Il est poussé, semble-t-il, à se joindre à la croisade que le roi Jacques 1er a entrepris contre le royaume musulman de Valence.
Mars 1236 – A Narbonne, le meurtre d’un jeune chrétien par un
juif déchaîne des violences. A l’annonce de la nouvelle, une foule envahit la
juiverie vicomtale, persuadée avoir affaire à un crime rituel alors qu’il
s’agît plutôt d’un différend qui a dégénéré.
Les consuls de Cité Bérenger de Lastours, R de Porta-Rey, Jean de Malves, R ? Frouchoux convoquent l’assemblée des habitants dans l’église St Etienne avant d’aller informer le vicomte Aymeric III. Celui-ci se rend dans le quartier juif à la tête des autorités municipales. La foule est dispersée et le calme revient. Conformément à une tradition seigneuriale narbonnaise, le vicomte se présente en protecteur des Juifs
Juillet 1236 – l’archevêque Pierre Amiel, le vicomte Aymeric
III, l’abbé de Saint Paul et les consuls de Cité adressent une lettre au roi de
France pour l’informer des désordres ayant lieu dans le quartier de Bourg dont
notamment le saccage, l’année précédente, du couvent des frères dominicains. L'intervention de l'abbé Bernard IV de Fontfroide permet d'obtenir une trêve entre les différents partis.
26 février 1237 – les consuls de Bourg prêtent serment
devant le sénéchal de Carcassonne Jean de Fricamps, venu spécialement pour sceller la trêve conclue entre les deux quartiers de Narbonne, promettant
d’aider l’Eglise contre les hérétiques.
Cet engagement fait suite à une série de mesures prises à la
suite de l’intervention des consuls visant à dénoncer les accusations
calomnieuses qui frappent régulièrement des innocents. Le sénéchal officialise le
recours au système accusatoire classique, comme l’avaient déjà demandé les
consuls deux ans plus tôt, au détriment de la procédure inquisitoriale fondée
d’abord sur la dénonciation.
1238 – Frère Ferrier, l’inquisiteur épiscopal également prieur du couvent dominicain de Narbonne, en titre depuis 1229, abandonne ses fonctions à Narbonne et part officier à Caunes.
Le quartier de Bourg subissait depuis sa nomination ses méthodes pour le moins contestables basées sur les arrestations arbitraires, les dénonciations calomnieuses d’hérétiques présumés dont il était apparu que la confiscation des biens était d’abord pour l’archevêque et le couvent local des dominicains un moyen d’accroître leurs richesses. La révolte des habitants commencée en 1234, dont l’action la plus symbolique avait été le saccage du couvent dominicain, s’était achevée par un compromis entre les consuls et le légat du pape, concluant à la nécessité d’une modération dans la lutte contre l’hérésie. Désormais considéré comme le principal responsable de la situation chaotique que venait de traverser la ville de Narbonne, le frère Ferrier était, en quelque sorte, invité à exercer ses fonctions ailleurs. Nommé inquisiteur pontifical, il va poursuivre, avec le zèle qu’on lui connaît, la chasse aux hérétiques d’abord à Caunes puis dans le Lauragais jusqu’en 1244 où il sera nommé prieur de la maison des Dominicains à Carcassonne et Béziers.
Mai 1238 – l'archevêque de Narbonne Pierre Amiel rejoint à Valence le roi Jacques 1er d'Aragon à la tête de 40 chevaliers et de 600 soldats à pied. Cette arrivée constitue une réelle opportunité pour le monarque qui a entrepris depuis près de deux ans une croisade pour reprendre la ville aux musulmans, sans parvenir à mobiliser les seigneurs méridionaux comme cela avait été le cas lors de la prise de Majorque en 1229. Le comte Nuno Sanc vient également apporter son concours avec des troupes du Roussillon, de Cerdagne et de Montpellier.
Désireux de s'engager personnellement dans la bataille mais aussi conscient des risques qu'il prenait, l'archevêque de Narbonne avait pris soin de rédiger son testament. Il ressortait à la lecture du document qu'il ne possédait aucun immeuble à titre personnel et qu'il avait veillé à ce que tous les biens confisqués aux hérétiques servent uniquement à enrichir l'Eglise de Narbonne. Sa fortune se résumait, en fait, à quelques meubles, quelques pièces d'argenterie et des livre qu'il légyait en totalité au chapître de l'abbaye de St Paul.
25 juin 1238 – les consuls de Narbonne prêtent serment au vicomte
Aymeri III sur les régulations de la meunerie.
29 Septembre 1238 – les forces du roi Jacques 1er d'Aragon (1208-1276) parviennent à s'emparer de Valence et de plusieurs places fortes de la région tenues par les musulmans. Selon la chronique contemporaine attribuée au moine d'Albéric, l'archevêque de Narbonne Pierre Amiel s'est signalé par son courage et l'énergie avec laquelle il a combattu. Jacques d'Aragon remercie le prélât pour ses services et lui cède, en échange, plusieurs chatellenies.
1er février 1239 – le vicomte Aymeri III de Narbonne décède à l’âge d’environ 65 ans. Il s’était fait discret depuis la mort de son épouse Marguerite de Montmorency survenue en 1232, se contentant, tant bien que mal, de préserver ses droits seigneuriaux en proie à l’appétit de l’archevêque Pierre Amiel et de temporiser face aux ambitions des consuls des quartiers de Bourg et Cité dont il était co-seigneur. Il était parvenu à conserver une certaine neutralité au cours de la croisade contre les cathares et à tenir Narbonne à l’abri de nombreuses des destructions et des saccages commis dans le reste de la région par les armées du Nord même s’il lui avait fallu pour cela accepter de nombreux compromis en raison notamment de la présence encombrante de son cousin Simon de Montfort et assister à contre-cœur à l’intégration en 1229 de sa vicomté dans le domaine royal. Conformément à sa volonté, Aymeri III est inhumé dans la chapelle de l’Ordre des Hospitaliers.
Son fils aîné Amalric Ier, né vers 1215, lui succède en qualité de vicomte de Narnonne.
Aymeri III laisse aussi trois filles et un garçon : Ermengarde, (1200-1232) a épousé le comte de Foix Roger Bernard II le Grand dont elle a eu une fille Cécile ; Marguerite de Narbonne (c. 1205-1272) a épousé Guillem Moncada de Béarn dont elle a eu un fils Bertrand ; Alix est mentionnée comme étant religieuse. Son deuxième fils, Aymeri ( ? -1256), est chanoine de Chartres et a hérité de la seigneurie maternelle de Verneuil-sur -Seine.
La ville de Montpellier était entrée en 1204 dans le domaine des rois d'Aragon, suite au mariage de Pierre II avec Marie de Montpellier, héritière des seigneurs Guilhem qui en étaient seigneurs depuis 985.



