La défense des frontières ayant constitué l'essentiel de l'activité militaire, rares auront été les événements calamiteux venus troubler le cours paisible de la vie en Gaule Narbonnaise au cours des deux premiers siècles de l'Empire Romain. Narbonne, autant que la province dont elle s'honore d'être la capitale, connaît alors, une longue période de prospérité, aussi bien économique que culturelle malgré le grand incendie qui ravagera une partie de la ville en 145. Grâce notamment aux privilèges que lui accorde son statut administratif et à la bureaucratie qui l'accompagne, la ville attire notamment les classe sociales aisées, se parant pour la circonstance de nombreux monuments. Malgré sa renommée, elle va, cependant, peu à peu subir la concurrence d'autres cités telles que Nîmes, Arles ou Vienne.
46 av. JC - César confie à Claudius Tiberius Nero (89 av. JC - c.33 av. JC), digne héritier de la haute aristocratie romaine qui vient de remporter une importante victoire sur la flotte égyptienne, la charge de créer des colonies de vétérans Arles et Narbonne où viennent notamment s'installer les cadres de la Légion X.
C'est de son mariage avec Livia Drusilla que naîtra le futur empereur Tibère
30 av. JC - il est probable que ce soit à cette date qu'est bâtie à La Nautique qui abritait alors le port de Narbonne une luxueuse villa maritime dont les dimensions et la décoration laissent supposer qu'elle appartenait à un haut dignitaire romain. Il pourrait aussi bien s'agir du gouverneur de la province que d'Auguste lui-même, souvent présent à Narbonne au cours de cette période. Les dimensions exceptionnelles d'un vivarium installé à proximité plaideraient en faveur de cette seconde hypothèse. (la villa romaine maritime du Port de La Nautique)
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| Visualisation de l'aménagement portuaire de La Nautique avec au fond le vivier circulaire |
27 av. JC – Octave, le fils adoptif de César, devenu Auguste depuis le 16 janvier séjourne à Narbonne. Il fait effectuer un recensement des Gaulois résidant dans la cité et réorganise l’administration de la province désormais placée sous l’autorité d’un gouverneur. La colonie accueille aussi les vétérans de la Xème Légion Celle-ci devient Colonia Julia Paterna Narbo Martius. Selon ses biographes, il y fait édifier un temple en l'honneur du dieu local du vent, le Cers, dont l'emplacement reste cependant inconnu.
Revêtu par le Sénat romain depuis le début de l’année du titre de Princeps, Auguste est désormais investi à vie de pouvoirs jusqu’à présent renouvelés chaque année par le Sénat comme le commandement militaire, la fonction tribunicienne et celle de censeur. Déjà moribonde, la République fait, dès lors, définitivement place à l'Empire.
Déclarée province impériale en raison de sa frontière avec des peuples considérés comme belliqueux, la Gaule Transalpine, devenue la Gaule Narbonnaise (Gallia Narbonensis), passe sous l’administration d’un gouverneur (propréteur) nommé par Auguste qui en assure le commandement militaire.
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| Les Cités de la Narbonnaise |
18-16 av. JC – Cnaeus Pullius Pollio connu comme le plus ancien Proconsul de Narbonnaise.
Originaire de Forum Clodii, un modeste bourg situé au nord-ouest de Rome, Pollio était issu d'une famille plébéienne mais le fait qu'il ait été coopté par le Collège des Fétiales lui permettait de prétendre à la "Carrière des Honneurs" (Cursus Honorum) et d'intégrer la classe sénatoriale. Il avait d'abord accédé à la questure avant d'être nommé tribun de la plèbe puis de devenir en 23 av. JC l'un des premiers préteurs chargé de la gestion du trésor public. C'est par tirage au sort que lui est attribué en 18 av. JC le proconsulat de Narbonnaise, une charge qu'il est le tout premier à occuper. Son mandat prenant fin en 16 av. JC, il accompagne Auguste en qualité de "comes" en « Gaule Chevelue » (Gallia Comata), nom donné aux territoires situés au nord de la Provincia. Au terme de cette mission qui va durer environ deux ans, il est envoyé par Auguste en ambassade à Athènes.
22 septembre 11 av. JC - un culte officiel est rendu par les Narbonnais à « l’Esprit Divin » de l'empereur Auguste. Chaque année, à la même date, 3 chevaliers et 3 affranchis devront immoler une victime, à leurs frais, sur l'autel de marbre spécialement érigé sur le forum et distribuer de l’encens et du vin à tous les résidants de Narbonne, quelque soit leur classe sociale, pour des libations et prières adressés à l’esprit divin d’Auguste. De par son statut de capitale de la nouvelle province, la ville bénéficie de privilèges comparée aux autres cités.
Le culte impérial était destiné à sceller l'unité du peuple dans son ensemble en faisant de l'empereur un composant du panthéon romain. Il s'adressait en priorité à la cité de Narbonne qui, bien que gauloise à l'origine, avait été la première colonie de droit latin fondée par des vétérans italiens. Tous les habitants de Narbonne relevaient donc du même droit, incluant sur un même plan les représentants de la classe équestre romaine, patriciens ou plébeiens, jusqu'aux esclaves affranchis et aux indigènes résidant dans la cité.
L’inscription figurant sur l’autel placé offert par la plèbe de Narbonne à l’empereur Auguste définit en ces termes l’organisation du culte qui lui est réservé :
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| Inscription figurant sur l'autel dédié au culte impérial érigé sur le forum de Narbonne Narbonne - Musée Narbo Via |
précédant les Calendes d'Octobre (22 septembre), le peuple de Narbonne s'est, à la suite d'un vœu, consacré pour toujours à l'esprit divin d'Auguste
Pour le bonheur, la félicité et la fortune de l’empereur César Auguste, fils de César divinisé, père de la Patrie, pontife suprême, revêtu pour la 34ème fois de la puissance tribunicienne, son épouse, ses enfants et sa lignée, le Sénat et le peuple romain, les colons et les domiciliés de la colonie Julia Paterna Narbo Martius, qui se sont engagés à honorer sa puissance divine par un culte perpétuel. La plèbe de Narbonne a placé sur le forum un autel, auprès duquel, chaque année le neuvième jour avant les calendes d’octobre (23 septembre), jour où le bonheur du siècle l’a fait naître pour gouverner le monde habité, trois chevaliers romains recommandés par la plèbe et trois affranchis immoleront individuellement des victimes et à leur frais, ce jour là, assureront l’encens et le vin aux colons et aux domiciliés pour adresser des prières à sa puissance divine ; (...) le septième jour avant les ides de janvier (7 janvier), également, jour où il a inauguré son pouvoir [imperium] sur le monde habité, ils adresseront leurs prières par l’encens et le vin, ils immoleront individuellement des victimes, et ce jour ils assureront aux colons et aux domiciliés l’encens et le vin.
13-14 – Titidius Labeo, Proconsul de Narbonnaise.
Ce magistrat romain issu d'une famille plébéienne voit rapidement sa carrière s’achever suite à la condamnation de sa femme pour prostitution. Du fait de son appartenance à la classe équestre, Vistilia, l’épouse de Titidius avait, en effet, depuis une loi datée de l’an 19 interdiction de se livrer à la prostitution. Son mari rechignant à entamer contre elle une procédure, bien que menacé lui-même d'être accusé de proxénétisme, accepte toutefois qu’elle soit déportée dans l’île grecque de Sephiros, dans les Cyclades. On raconte qu'il s'adonnait avec passion à la peinture au point d'en négliger les obligations liées à sa fonction.
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| Le Capitole de Narbonne illustration de Jean-Claude Golvin |
Début de la construction du Capitole dédié à Jupiter, Junon et Minerve.
Érigé au milieu du forum, l’édifice, entièrement revêtu de marbre blanc, était particulièrement ambitieux. Sur un podium haut de 3 mètres, large de 40 mètres et long de 50 mètres, s’élevaient des colonnes de 18 mètres de haut surmontés de chapiteaux "corinthiens" de 2,10 m. Le fronton atteignait environ 34 mètres. L’intérieur était composé de 3 cellae accolées avec au milieu celle de Jupiter encadrée par celles de Junon et Minerve. En tant que colonie romaine, le statut juridique de la ville de Narbonne lui imposait de réserver un culte aux trois divinités mais le résultat des fouilles archéologiques n'a pas permis de confirmer qu'il s'agissait d'un Capitolium, selon la définition. Il serait donc possible que le temple ait été à l'origine réservé au culte impérial. On ignore les dommages qu'il a pu subir au cours de l'incendie qui a détruit une partie de la ville en 145 mais la description que fait Ausone des monuments de Narbonne à la fin du IVème siècle en parle comme d'un souvenir du passé.
Emprunté dès l’Age du Bronze pour le transport de l’étain des Cornouailles, le tracé reprenait une route aménagée au cours du IIème siècle av J.C pour répondre au développement du commerce entre l’Atlantique et la Méditerranée. L’aménagement de la Via Aquitania se fit sur des fondations renforcées entre Narbonne et Toulouse où la circulation des marchandises s’effectuait uniquement par voie terrestre.
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| La Via Aquitania reliant Narbonne à Bordeaux |
15-17 - Manius Vibius Balbinus.proconsul de Narbonne. Ancien
chevalier devenu sénateur
La gens Vibia était une vieille famille de la classe équestre qui s’était fait remarquer au cours des Guerres Puniques. Jusque là discrète et modeste bien qu’ayant le droit de battre monnaie, elle avait vu pour la première fois un de ses membres, Caius Vibius, accéder au consulat en 43 av. JC. Originaire de Treia dans le Picenum, Balbinus était inscrit dans la tribu Vilena. Il a, de son côté, suivi le Cursus Honorum, étant successivement tribun militaire et préfet d'une aile de cavalerie avant d'être élu à la questure et de devenir sénateur et préteur. "Homo Novus" dans le Sénat d'Auguste, il hérite, en 14, de l'administration du Trésor Public, une charge renouvelée par Tibère.
30-34 - Torquatus Novellius Atticus, proconsul, fonction qu’il
cumule en Narbonnaise avec celle de censitaire.
Selon son titre « légat chargé des opérations de cens et de la levée de recrues et proconsul de Narbonnaise". Cet ancien militaire, chargé du jugement des litiges, tribun de la légion I Germanica, avait notamment commandé un détachement en 21 lors d’une opération destinée à réprimer un soulèvement des Turones. Successivement questeur, édile, préteur au tribunal des centumvirs, curateur des lieux publics, légat au cens, il s’était surtout fait une réputation de grand buveur, capable d’avaler d’un trait jusqu’à six litres de vin. Il devait mourir de son alcoolisme à Fréjus à l’âge 44 ans.
Ancien tribun de la Légion X, il se vit attribuer la responsabilité de recruter des jeunes pour devenir légionnaires. On sait qu’ils furent au cours du Haut Empire plusieurs centaines de jeunes Narbonnais âgés de 20 ans en moyenne à intégrer la vie militaire.
34-37 – Titus Mussidus Pollianus, proconsul de Narbonnaise
Issu de la modeste gens Mussida, une vieille famille plébéienne de la ville de Rome, il a été précédemment curateur de routes et praefectus frumenti dandi (chargé de la distribution de blé à la plèbe romaine). Il accèdera au consulat entre 38 et 46
41 – Claude (10-54) est nommé empereur à la suite de l'assassinat de Caligula. Narbonne devient Colonia Julia Paterna Claudia Narbo Martius. Parmi les proconsuls figure M’ Acilius C.
54 -68 – Néron, empereur. Seius
Calpurnius Quadratus Sittianus de nouveau proconsul de Narbonnaise avant Titus Vinius Rufinus, genéral ayant eu le commandement d’une légion.
Aucun des 4 empereurs de la dynastie julio-claudienne qui succèdent à Auguste ne fera halte à Narbonne. Déjà âgé lorsqu'il est arrivé au pouvoir, Tibère (42 av. JC - 37) détestait tant Rome qu'il ne quittait pratiquement jamais son palais de Capri. Caligula (12- 41) a, certes, connu durant son enfance le quotidien de la vie militaire aux frontières auprès de son père Germanicus mais une fois empereur, il s'est abandonné dans les excès et les plaisirs. Il ne lui a fallu que 4 ans pour vider le trésor public et plonger l'empire dans la crise.
L'assassinat de Caligula a porté son oncle Claude (10-54) au pouvoir, celui-là même que l'on n'osait montrer en public en raison de ses déficiences physiques. Administrateur résolument novateur, il a, cependant, su faire oublier le règne calamiteux de son neveu en renouant avec l'esprit conquérant qui avait fait la gloire de ses illustres prédécesseurs César et Auguste. Ses légions parviennent notamment à conquérir la Bretagne où il effectuera un des rares voyages de son règne. La tradition veut que sa seconde épouse Agrippine l'aie fait empoisonner en 54 avec des champignons pour offrir l'Empire à son fils Néron (37-68).
C'est un jeune homme de 17 ans qui arrive, alors au pouvoir, soumis à l'influence de sa mère. Se révélant peu à peu cruel, violent et paranoïaque, il cultive le paradoxe avec un rare cynisme. D'une brutalité impitoyable, il fait notamment assassiner sa propre mère tout en se prévalant de rares talents littéraires comme lors de l'incendie de Rome en 64 où, inspiré par les flammes qui ravagent la ville, il s'accompagne d'une lyre pour déclamer un poème de sa composition.
Titus Vinius Rufinus (12-69) - issu d’une famille de la classe sénatoriale, il a opté pour la carrière militaire franchissant les échelons jusqu’au grade de général où il prend la tête d’une légion. Très critique à son égard, l’historien Tacite a surtout insisté sur son comportement dévoyé, son goût pour l’argent et d’une manière générale, sa vénalité, lui reconnaissant toutefois d’avoir administré la Narbonnaise avec une totale intégrité lorsqu’il en avait été préfet. On ignore cependant à quelle date il avait été nommé à ce poste.
En 68, à la mort de Néron, il se trouve aux côtés de Galba, alors gouverneur d’Espagne lorsque celui-ci est proclamé empereur. Il accompagne le vieux général à Rome qui, en échange de son soutien, le nomme consul pour l’année 69. Préoccupé par la recherche d’un héritier, Galba préfère Lucianus Pison à Othon, jadis favori de Néron, malgré la recommandation de Vinius. Furieux d’avoir été éconduit alors qu’il se voyait déjà succéder à Galba, Othon se fait proclamer empereur avec le soutien de la garde prétorienne. Resté fidèle à Galba, Vinius tente de le convaincre de rester à l’abri dans le palais mais suivant d’autres conseils, le vieil empereur choisit de se montrer à la foule. Il est tué par les prétoriens le 16 janvier 69. Vinius tente, de son côté de s’enfuir mais est transpercé par une lance en proclamant sa loyauté envers Othon.
68 - tout juste déclaré empereur, Galba fait halte à Narbonne sur la route qui le conduit d'Espagne à Rome. Il y réunit les élites provinciales pour s'assurer de leur engagement à ses côtés.
69-79 - l'empereur Vespasien fonde la dynastie flavienne – les élites de la Narbonnaise se sont ralliés à lui après les débordements provoqués par les légions de Vitellius dans la province.
Valerius Ummesus Bassus,
proconsul. Précédemment légat propréteur de
Crète-Cyrénaïque, il sera nommé à Rome préfet du Trésor de Saturne à la suite
de son mandat.
C'est sous le règne de Vespasien que démarre la construction de l’amphi-théatre dans le secteur est de la ville. Bâti selon un plan ovale de 121,60 m sur 93,20 m, il sera achevé vers la fin du règne de son fils Domitien.Narbonne devient à l'époque le siège de l’assemblée provinciale appelé Concile de Narbonne qui réunit les représentants de toutes les cités de la Narbonnaise. Ils élisent un prêtre : le flamine* d'Auguste qui en occupe la présidence et doit résider à Narbonne.
*flamine : prêtre voué au culte d'un seul dieu auquel il doit consacré sa vie. Personnage respecté jouissant d'un grand prestige, il est aussi l'objet de nombreux interdits.
Devenues trop petites, les installations du
port situées à La Nautique sont abandonnées au profit du nouveau port
d’embouchure, un chantier au cours duquel l’Aude a été encadrée par deux jetées
distantes de 50 mètres puis équipée sur près de 2 kilomètres par un ensemble de
quais de chargement et déchargement des marchandises
c. 77 - Lucius V..bius Bassus, proconsul de Narbonnaise. Il est chargé par l'empereur Vespasien de faire effectuer un nouveau cadastrage de la colonie.
92 – L’Empereur Domitien (81-96) ordonne l'arrachage de la moitié des vignes de la Narbonnaise pour faire face à la pénurie de céréales. Il est dit qu'il a du céder à la pression des vignerons romains qui se plaignent de la concurrence des vins de Narbonne mais il rédigera par la suite un édit similaire pour l'Italie. C'est à cette époque qu'est bâti à Narbonne, l'Horreum, un entrepôt dont subsiste aujourd'hui le niveau inférieur. Composé de galeries ouvrant sur une série de caves, il était destiné à conserver du grain et de l'huile mais servait aussi à la maturation du vin
98 ? - Caius Iulus Cornutus Tertullus. Proconsul. Ami de Pline le Jeune qui le cite souvent dans ses Lettres, il partagera avec lui le consulat en 100 avant d'être nommé gouverneur de Bythinie trois ans plus tard;
103 -109 - Aulus Larcius Priscus, proconsul de Narbonnaise – ancien
commandant de la légion IVa Scythia il retrouvera son commandement militaire à
la tête de le Iia Augusta puis de la IIIa Augusta. Sera élu consul
118 -120 - Marcus Acilius Priscus Egrilius Plarianus, proconsul de Narbonnaise
Issu d'une importante famille d'Ostie, il a suivi le cursus honorum dans la perspective de devenir membre du Sénat. Il a servi comme tribun militaire dans la Légion V stationnée en Mesie Inférieure sur les bords du Danube. De retour à Rome, il assuré la fonction de questeur puis celle de prêteur avant d'être nommé légat auprès des proconsuls en Sicile puis en Asie. Après son gouvernorat de Narbonnaise, il part commander la Légion VIII stationnée à Argentorate (Strasbourg) avant que l'on ne perde sa trace en 126.
121 – Depuis son avènement trois ans plus tôt, l’empereur Hadrien, soucieux de renforcer la cohésion du peuple romain, dans son ensemble, sillonne les routes, visite les provinces, accordant la citoyenneté aux cités. De retour de Lyon, après un arrêt à Nîmes où il a inauguré une basilique dédiée au culte impérial, il s'arrête à Narbonne avant de poursuivre sa route vers Tarragone.
c. 124 - 125 - Lucius Annius Sextus Fiorentinus, proconsul de Narbonnaise,
précédemment légat de légion questeur en Achaïe. Il terminera sa carrière
gouverneur d’Arabie en mourant à ce poste.
125 -128 – Lucius Aurelius Gallus, Proconsul de Narbonnaise. D’abord légat de la province d’Afrique puis curateur des routes et légat de la IIIa Gallica, il devint Préfet du Trésor de Saturne après la fin de son mandat avant d’être élu consul
Comme c’est souvent dans la planification de la ville romaine, le plan en damier de 16 hectares de Narbo Martius a été construit autour de deux rues principales, le Cardo Maximus (nord-sud) et le Decumanus Maximus (de l’ouest à l’est). A leur intersection sont situés le Forum (ou le marché), la Basilique (ou le tribunal de la loi), la Curie (ou la salle de réunion), et un Capitolium pour le culte officiel de l’Etat.
138 - … Cn. Cornelius Aquilius Niger, proconsul de Narbonnaise
144-146 - Lucius Novius Crispinus Martialis Saturninus, proconsul de Narbonnaise. Auparavant « légatus juiridicus » en Asturie puis légat de la Ia Italica. Il retrouvera son poste de légat auprès de la IIIa Augusta avant d'être élu consul.
145 – un incendie accidentel ravage la majeure partie de la ville de Narbonne. La plupart des édifices ont été détruits, portant un coup d'arrêt au rayonnement de la cité. A l'instar d'autres villes frappées par des catastrophes, Antonin le Pieux exonère la ville d'impôts le temps de procéder à sa reconstruction.
149 - Le Capitole est le premier des bâtiments majeurs reconstruit grâce notamment à la générosité de Sextius Fadius Secundus Musa, un riche armateur narbonnais dont l'activité s'étend sur une bonne partie du pourtour méditerranéen. Grâce à son concours financier, Musa devient premier flamine du nouveau Capitole. C'est aussi à cette époque qu'est aménagé le canal qui relie la mer au port de Narbonne.
av. 150 - Caius Seius Calpurnius Quadratus Sitianus, proconsul de Narbonne
160 - Les édifices publics sont progressivement reconstruits
grâce à la générosité de l’empereur Antonin le Pieux
Antonin le Pieux (86-161) - de son vrai nom Titus Aurelius Fulvius Boionus Antoninus, il est issu d'une famille sénatoriale originaire de Nemausus (Nîmes). Son mariage avec Faustine l'Ancienne, la fille du consul Marcus Annius Varus, le rapproche du nouvel empereur Hadrien dont elle est aussi la nièce. Celui-ci l'adopte comme son fils et le désigne comme son successeur. Le règne d'Antonin qui s'étend de 138 à sa mort en 161 passe pour être le moment ultime de la fameuse "Pax Romana", un temps véritablement suspendu au cours duquel l'Empire Romain atteint son apogée. Administrateur efficace, architecte de grands projets d'utilité publique, mais aussi protecteur des arts et des lettres, Antonin parvient de plus à laisser un trésor public s'élevant à 2,7 milliards de sesterces ! Notons aussi qu'en tant que magistrat, on lui doit d'avoir instauré la notion de présumé innocent tant que la culpabilité d'un suspect n'a pas été établi.
IIème siècle - Aponius Cherea fils de Lucius, tribu Papiria,
augure et questeur de Narbonne fait don de 1500 sesterces à la colonie suite à
l’obtention du titre d’édile honoraire.
180 ? - Lucius Cestius Gallus Natalis devient pour un an proconsul de Narbonnaise.
Originaire de Volturnum en Campanie, il a gravi peu à peu les échelons du cursus sénatorial en occupant notamment la fonction prétorienne de légat de la XXè Légion Valeria Victrix basée à Deva (Chester). Il est possible qu'il ait exercé cette responsabilté au moment où l'empereur Marc-Aurèle avait associé son fils Commode au trône (176-180). De retour à Rome, il dirige pendant trois ans le Trésor de Saturne. Sa mort prématurée le privera de l'accès au Consulat.
188 – L. Fabius Cilo, Proconsul de Narbonnaise, anciennement
questeur en Crète-Cyrénaïque avant d’être nommé légat propréteur en Narbonnaise.
Après son mandat proconsulaire, il sera nommé Préfet du Trésor Militaire à Rome
et occupera divers commandements militaires en Bythinie, en Mésie et en
Pannonie. Il accédera à deux reprises à la fonction consulaire.
A la fin du IIème siècle, on estime la population de l'agglomération à environ 35 000 habitants. Ses origines sont très diversifiés. Y figurent en premier lieu les descendants des premiers colons romains et des indigènes gaulois, anciens Volques pour la plupart qui ont adopté des noms romains et et la culture latine. L'activité économique et son développement portuaire ont également favorisé l'installation de populations venues des horizons les plus divers. On y rencontre des celtes originaires d'autres cités gauloises attirés par l'essor de la cité mais surtout des Gréco-orientaux et des Ibères, libres ou affranchis dont la venue a été favorisée par les échanges maritimes.








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