462 – le général romain Agrippinus, gouverneur de la Narbonnaise cède Narbonne à Théodoric II, roi des Wisigoths.
Selon la décision de l’empereur Libius Severus, ou plutôt de Ricimer, le véritable Maître des Horloges, non seulement la ville mais aussi toute la Narbonnaise passent sous domination wisigothe en remerciement de l’appui militaire que lui fournit Théodoric dans le combat qu’il vient d’engager contre le général Aegidius qui, soutenu par les Francs de Childéric 1er , vient de proclamer l’indépendance de la Gaule du nord.
466 - Euric fait égorger son frère Théodoric II et s'empare du titre de roi des Wisigoths. Motivé par sa haine de Rome et de l'église chrétienne officielle, il a pour ambition de bâtir un royaume qui engloberait la Gaule et la péninsule ibérique. La crainte qu'il n'engage des persécutions contre les chrétiens s'apaise, toutefois, lorsque Euric appelle à sa cour, comme conseiller, Léon, membre d'une influente famille narbonnaise Celui-ci engage, notamment, le roi à mener une politique religieuse tolérante, dont vont, finalement, profiter les Wisigoths auprès des populations. Léon restera, d'ailleurs, au service du fils d'Euric, Alaric II,
Euric (c. 420-484) – il s’était illustré en 451 aux côtés de son père Théodoric 1er face aux hordes d’Attila mais, n’étant que le troisième dans l’ordre de succession, il lui fallut patiemment attendre le moment où la couronne lui reviendrait, quitte si nécessaire à forcer le destin. A la fois soucieux de maintenir la pureté des traditions du peuple wisigoth et resté à contre-temps très attaché à l’arianisme, il ne supportait pas des Romains le sentiment de supériorité qu’ils puisaient de leur culture, en voulant particulièrement à son demi-frère de s’y soumettre avec un empressement dans lequel il ne voyait que de la faiblesse. De haine, il fit égorger Théodoric II en 466 et s’empara du titre de roi des Wisigoths. Il parlait le gotique et le grec mais détestait le latin au point qu’il faisait mine de ne pas comprendre les ambassadeurs qui s’adressaient à lui dans cette langue, alors même qu’il avait auprès de lui des conseillers issus de la classe sénatoriale gallo-romaine. Il jugea nécessaire de persécuter les catholiques au nom de la doctrine arienne mais se retrouva, de ce fait, et malgré des conquêtes territoriales symboliques comme celle de Marseille en 476, de plus en plus isolé sur la scène géopolitique au moment où l’Empire Romain d’Occident s’effondrait. Il mourut en 484 de causes naturelles, une exception dans le contexte du moment.
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| Le Royaume Wisigoth à la fin du Vème siècle |
475 - l'empereur Julius Nepos cède l'Auvergne aux Wisigoths et concède à leur royaume une pleine et entière indépendance vis-à-vis de Rome.
Alaric dépensa beaucoup d’énergie à sceller une alliance avec Théodoric le Grand, son homologue Ostrogoth qui régnait alors sur l’Italie, espérant de lui un appui militaire dans la perspective d’une éventuelle agression franque. Cette alliance n’ira cependant pas au-delà de son mariage avec Teodegonde Alasunta, la fille de Théodoric le Grand. Il pactisera bien avec les Burgondes mais plutôt pour leur venir en aide que pour créer un front commun face à la menace franque. Il avait, au début de son règne, tenté de trouver un compromis avec Clovis en lui livrant de façon peu glorieuse Syagrius, le dernier général romain héritier de la Gaule du Nord vaincu par les Francs à qui il venait pourtant d’accorder refuge. N'étant pas du genre à s'apitoyer, Clovis, put, une fois débarrassé de Syagrius, consacrer son énergie à préparer dans l’ombre, l’invasion du royaume wisigoth.
En sa qualité de nouveau converti, celui que l‘on surnommait déjà « le nouveau Constantin » s’était, fort intelligemment imposé comme le bras armé du catholicisme romain, la meilleure façon pour lui de jumeler la lutte contre l’hérésie à la conquête de nouvelles terres, à commencer par celles de son tonitruant voisin Alaric. Impressionné par la campagne éclair grâce à laquelle Clovis venait de mettre la main sur Bordeaux, Alaric II s’empressa de réintégrer les catholiques nicéens dans leurs prérogatives, restaurant leur prestige aux évêques, tentant même de concilier l’arianisme de ses congénères au christianisme trinitaire majoritaire en Gaule, mais la manœuvre n’allait pas prendre.
Profitant de ce qu’Alaric tenait sa cour à Poitiers, Clovis marcha promptement sur la cité. Surpris, le roi Wisigoth qui avait laissé le gros de ses troupes en Espagne repousser les velléités revanchardes des Romains d’Orient, n’avait avec lui que sa garde habituelle. Il tenta une manœuvre de diversion mais se trouvant bientôt en cruelle position d’infériorité, il tomba, selon la tradition, en combat singulier face à Clovis en personne. Sa mort imprévue laissait à l’armée franque la route ouverte jusqu’à Toulouse, sa capitale.
Même s’il a laissé son nom à la montagne qui longe la route de Narbonne à Carcassonne, les historiens ne sont guère tendres avec lui, lui reconnaissant tout juste la paternité du Bréviaire qui porte son nom, un recueil appelé à devenir la référence ultime à l’usage des juristes où sont consignées, de façon méthodique, les lois romaines les plus importantes . Celui-ci constituera, tout au moins, un outil incontournable au cours du Moyen-Âge du Moyen-Age, jusqu’à servir de base au Code Civil de 1804.
506 – Caprarius, évêque de Narbonne
Il est fait mention de lui à l’occasion du Concile d’Agde organisé sous l’égide du roi Alaric II où il est représenté par un prêtre nommé Anilius. On a avancé que Caprarius avait refusé de participer à ce synode parce que vexé du fait que la présidence en ait confié à Césaire, l'évêque d'Arles mais il est aussi possible qu'il ait été, au moment, tout simplement indisposé . Parmi les thèmes abordés figure celui de la conversion des Juifs au christianisme, jugée peu sincère.
507 – Geisalic (c.490-512), fils bâtard d’Alaric II, né de mère inconnue, est élu roi des Wisigoths à Narbonne.
Le trône ayant été déclaré vacant après la mort d’Alaric, les proches du roi s’empressèrent de lui désigner un successeur. Geisalic recueillit les suffrages mais se heurta rapidement à la question de la validité de son trône, ayant face à lui le jeune Amalaric qui bien que n’ayant que 6 ans pouvait prétendre à succéder à son père Alaric II, d’une part parce qu’il en était le fils légitime et d’autre part du fait qu’il bénéficiait du soutien du parti soutenu par le roi Théodoric le Grand, son grand-père, pour lutter contre les Francs.
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| Le Royaume Wisigoth à son apogée |
508 – Narbonne, où réside le roi wisigoth Geisalic depuis la perte de Toulouse est prise et pillée par Gondebaud, roi des Burgondes, avec l’aide des Francs. L'année précédente, il avait envoyé son fils Sigismond à la tête d’un détachement pour venir en soutien l'armée de Clovis, lors de la bataille de Vouillé.
Fort de son alliance avec les Francs, l'objectif de Gondebaud est, à présent, d’envahir la Provence tenue par les Wisigoths depuis 476. Il met le siège devant Arles mais la ville résiste. Il renonce alors à la Provence et se tourne vers la Narbonnaise, dans l’espoir de faire la jonction avec l’armée franque qui descend vers Toulouse. C'est un nouvel échec.
Averti des visées Burgondes sur la province, Théodoric le Grand (455-526), roi des Ostrogoths, entre en campagne pour défendre, même s’il est un peu tard, le royaume Wisigoth. Son intérêt est double : il est d’abord le beau-père d’Alaric par le mariage de celui-ci avec sa fille Teodegonde Amalasunta mais aussi, depuis la mort du roi wisigoth, le tuteur de son petit-fils Amalaric, âgé de 5 ans et héritier du trône du Royaume de Toulouse. Geisalic s’enfuit d’abord à Barcelone où il parvient à lever une armée avant d’être à nouveau défait près d’Ampurias par les troupes du général ostrogoth Ibba. Il va dès lors chercher refuge auprès du roi vandale Thrasamund qui n’est autre que le beau-frère de Théodoric.
Gondebaud (450- 516) – élu roi des Burgondes en 480 à la mort de son oncle Chilpéric, il dut, comme le voulait la coutume germanique, partager le pouvoir avec ses trois frères Gondomar, Chilpéric et Godegisile. Les découpages territoriaux à la serpe qui matérialisaient alors les successions royales furent, au cours de cette période, à l’origine de violences fratricides, de jeux complexes d’intrigues ou d’alliance, de trahisons mais aussi de mariages improbables.
Animé par l’intérêt supérieur de son royaume, Gondebaud, chercha à le consolider en lui forgeant une identité propre, rassemblant de façon harmonieuse Burgondes et gallo-romains. Or, il lui fallut pour y parvenir franchir toutes les étapes du redoutable parcours d’un héritier du trône. Ses frères Chilperic et Gondomar se liguèrent les premiers (485) pour l’éliminer mais il l’emporta et se débarrassa des vaincus et de leur famille. Gondomar étant mort au combat, Gondebaud fit décapiter Chilpéric et ses deux fils puis fit jeter son épouse Carétène dans un puits. Chilpéric avait aussi deux filles mais il les épargna, semble-t-il dans l’espoir d’un bon parti matrimonial. Ce fut le cas Clotilde qui allait devenir reine des Francs après avoir épousé Clovis (493). Pensant tirer parti de la défaite de ses frères, Godegisile n’hésita pas, de son côté, à s’allier avec Clovis, la force montante du moment, espérant faire tomber Gondebaud et devenir seul maître du royaume. Après une première campagne prometteuse, il se trouva toutefois piégé à Vienne face à son frère. Gondebaud s’empara de la ville et poursuivit Godegisile jusque dans l’église où il le tua en même temps que l’évêque. Il fit aussi exécuter sa femme, ses deux fils, les sénateurs et tous les membres du parti de Godegisile. Une fois de plus les filles furent épargnées. Elles épouseront toutes deux des fils de Clovis. Seul roi des Burgondes, Gondebaud pouvait désormais se consacrer à l’avenir du royaume. En tant que législateur, il fut notamment à l’origine de la Loi Gombette destiné à régler les conflits entre Burgondes et Gallo-Romains.
508 – faisant suite à la prise de Narbonne par les Burgondes, les Wisigoths installent leur capitale à Barcelone sans renoncer pour autant à la Septimanie et la Provence.
509 – Narbonne est reprise aux Burgondes par les Ostrogoths de Théodoric le Grand placés sous les ordres du Général Ibba.
L’arrivée des Ostrogoths est accueillie avec soulagement
par les Narbonnais marqués par les pillages opérés par les troupes de
Gondebaud. L’évêque de Narbonne (probablement Caprarius) remet à Ibba les clés
de la ville et obtient du général Ostrogoth que soit restitués à son église les
biens usurpés par Geisalic.
Obligés de se replier en catastrophe, les Burgondes se heurtent de leur côté aux troupes ostrogothes du général Mammo qui s’emparent d’Orange et Valence. Gondebaud et son fils Sigismond II doivent signer une paix humiliante avec les Ostrogoths.
Ibba (c. 470 – c.520) - le libérateur de Narbonne. Il a été envoyé par Théodoric la Grand, le roi Ostrogoth qui règne alors en Italie, pour déloger les Burgondes et les Francs qui ont profité de la mort du roi Wisigoth Alaric, pour s’emparer de son royaume. Théodoric y voit son intérêt premier car Alaric, ayant été son gendre, Amalaric, le jeune garçon dont il était le père est donc son petit-fils. Il espère ainsi le voir, au plus vite, devenir roi des Wisigoths dans la perspective d’un rapprochement stratégique entre les deux royaumes. D’origine gothique bien que chrétien d’obédience, Ibba se montra, dit-on, sans pitié envers les Francs
510 – Le général Ibba parvient à chasser les Francs de
Carcassonne qui, depuis plusieurs mois assiègent vainement la cité. Il libère
le jeune prince Amalaric, réfugié dans la ville après avoir fui Toulouse.
Le royaume wisigoth sera placé durant 11 ans sous la
souveraineté directe de Théodoric le Grand, représenté sur place par deux fonctionnaires
Ampelio et Libère. Il tentera au cours de ces années à s’attirer la sympathie
des populations, leur remboursant les tributs payés en 511, limitant les
déprédations dues aux soldats en les nourrissant à ses propres frais tout en
fournissant aux différentes blé du blé en quantité.
Placé sous la tutelle de Théodoric le Grand, son
grand-père, Amalaric est envoyé en résidence à Barcelone sous la protection de
Theudis, un noble ostrogoth écuyer du roi qui a toute sa confiance.
Amalaric II (502-531) - fils d’Alaric II et de Téodegonde Alasunta, petit-fils de Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths, il accompagnait son père lorsque celui-ci est tué au cours de la bataille de Vouillé (507). Son frère aîné Geisalic, bien qu’enfant illégitime d’Alaric a été élu roi à Narbonne mais son trône vacille bientôt du fait qu’il n’a pu empêcher les Francs de s’emparer de Toulouse, sa capitale, et qu’il s’efforce de limiter l’influence du parti ostrogoth davantage porté à défendre les intérêts d’Amalaric. Geisalic est chassé de Narbonne par l’armée envoyée par Théodoric tandis qu'élu alors qu'il n'a pas encore 10 ans, Amalaric est placé sous la tutelle de son grand-père maternel. Amputé par les Francs de toute sa partie occidentale, le royaume wisigoth comprend alors l’Hispanie, la Septimanie et la Provence.
xacerber les tensions religieuses entre les époux, allant jusqu’à la violence.
522– Amalaric devient officiellement roi des Wisigoths tandis
que son protecteur Theudis reste en fonction. C’est lui qui possède en fait le
pouvoir réel.
Sous l’impulsion de Théodoric, avec l’aide de Liberius (461-555), le préfet du prétoire et de son adjoint, le vicaire Gemellus, tous deux chargés du gouvernement de la Septimanie par le roi Ostrogoth lui-même,
Narbonne retrouve symboliquement son ancien statut de préfecture des Gaules en
redevenant la capitale du royaume wisigoth au détriment de Barcelone.
Des tensions apparaissent, bientôt, entre les deux époux, du fait de conviction religieuses irréconciliables. Amalaric reste un fervent tenant de l’arianisme tandis que Clotilde se veut fidèle au catholicisme, chacun tentant de convertir l’autre à sa doctrine. Clotilde va précipiter le déclenchement des hostilités.
531 – Childebert, roi de Paris, défait devant Narbonne les
Wisigoths d’Amalaric. Les troupes wisigothes sont écrasées et Amalaric, qui a
préféré se tenir à l’écart de la mêlée, s’enfuit sur un des navires de sa flotte
stationné non loin de la ville. Childebert rentre dans la ville mais se
contente d’une simple razzia avant de se retirer, emmenant avec lui la reine
Clotilde, sa sœur qu’il est officiellement venu délivrer
Childebert était venu avec son armée à l’appel de sa sœur Clotilde, victime de violences de la part de son époux Amalric, en raison de son refus de se convertir à l’arianisme, religion officielle des Wisigoths. Elle aurait, selon la tradition adressé un mouchoir taché de sang à son frère comme preuve de la maltraitance qu’elle subissait.
Mis en échec, Amalaric partit trouver refuge à Barcelone, abandonnant à la fois son armée et son trésor. Totalement discrédité, il fut poignardé à mort par un de ses propres soldats en décembre de la même année. On lui attribue la paternité de la reine Goswinthe (530-589), future épouse du roi Athanagilde 1er mais il est aussi probable qu’avec lui se soit éteinte la lignée royale des Balthes dont le fondateur aurait reçu de Gaut, le dieu de guerre la fameuse Terving, une épée magique symbole de victoire et de justice.
531 – Theudis (470-548) succède à Amalaric. Il transfère sa capitale à
Barcelone.
On ne saura jamais quel fut son rôle exact dans la défaite d’Amalaric. Le fait qu’il ait été son tuteur pendant plus de dix ans puis son gouverneur une fois que celui-ci eut été élu roi dissimulait, aux yeux de certains, une ambition d’un autre ordre. Fidèle à Théodoric, il fut un administrateur zélé voire même consensuel, parvenant à donner des Wisigoths une image acceptable auprès de populations qui, issues dans leur immense majorité de la culture gallo-romaine, ne les considéraient jamais que comme des barbares de passage, tenants, de plus, d’une hérésie aussi barbare qu’eux. Pour ces gens-là, composer avec les Wisigoths n’était qu’une épreuve de plus dans l’attente de jours meilleurs.
On ne dira jamais assez le trouble que sema la mort de Théodoric après des années d’un règne bienveillant et la menace qu’elle engendra de voir dépecer en peu d’années son projet de reconstituer l’empire romain. Il était parvenu à réaliser des alliances matrimoniales propres à restaurer, sous sa coupe, un ensemble hégémonique comparable à ce qu’était l’Empire Romain d’Occident. Or, sa disparition pouvait, en revanche aiguiser les appétits de certains. Theudis n’avait aucun lien de sang avec la famille royale mais il était le mieux placé pour être élu roi d’un pays improbable qu’il connaissait dans ses moindres renfoncements depuis qu’il avait été choisi comme tuteur du petit Amalaric en 511, 20 ans plus tôt. Il n’avait de plus aucun compte à rendre à Théodoric, celui-ci étant mort.
Theudis devait mourir en 548 dans son palais de Séville, assassiné par un déséquilibré en 548, augurant pour le
royaume wisigoth une période d’instabilité au cours de laquelle se succèdent Theudegisel
et Agila, tous deux assassinés après des règnes chaotiques. Athanagilde promu
roi en 555 installe sa capitale à Tolède, un endroit plus sûr face à la
pression des Byzantins, très présents en Hispanie. Il parvient restaurer
l’autorité de son Royaume et son rayonnement. Ses deux filles Brunehaut et
Galswinthe épouseront notamment pour la première Sigebert 1er , roi d’Austrasie
et pour la seconde Chilpéric 1er roi de Neustrie.
567 – Narbonne redevient capitale du royaume wisigoth
sous Liuva 1er
Jusque là gouverneur de Septimanie, Liuva succède à Athanagilde, décédé sans héritier mâle, après un interrègne de 5 mois. Il a été désigné par les Grands du Royaume pour ses qualités mais son mariage avec Goswinthe, veuve d’Athanagilde lui permet d’asseoir son autorité. Il associe l’année l’année suivante son frère Leovigild au trône, se réservant pour lui la Septimanie, laissant l’Hispanie à son cadet.
572 – le roi Wisigoth Liuva meurt à Narbonne. Son frère
Leovigild lui succède, réunissant la Septimanie et l’Hispanie.
Leogivild parviendra à chasser d’Hispanie les derniers
Byzantins et réunir à son royaume celui des Suèves, maîtres de la Galice depuis
409 après sa victoire sur Andeca. En tant qu’ardent défenseur de l’arianisme, Leovigild
marqua, cependant son règne de son hostilité envers les catholiques, se rendant
coupable de persécutions à leur égard. En 585, il fit même décapiter son fils aîné
Hermenegilde, nouvellement converti au catholicisme parce qu’il refusait de
renier sa foi.
572-576 - Aquilinus, évêque de Narbonne.
Le 7 avril 572, il reçut du roi Leovigild, de passage à
Narbonne à l’occasion du décès de son frère une concession d’immunité pour ses
propriétés situées en Tarraconaise. En 576, il fit don de deux domaines au
monastère San Martin de Asan
580 - la peste justinienne fait son apparition dans le port de Narbonne.
580-588 - Athaloc, évêque arien de Narbonne. Depuis plus d'une vingtaine d'années, le siège de l'évêché catholique reste vacant en raison des mauvais traitements infligés aux fidèles par le pouvoir wisigoth.
8 mai 586 – le roi des Wisigoths Leovigild meurt à
Tolède. Son fils Récarède lui succède. Le premier geste du nouveau roi est de
faire exécuter Sisbert, le bourreau de son frère Herménégilde.
588 – la conversion du roi wisigoth Récarède au
catholicisme provoque des troubles dans plusieurs provinces. L’évêque arien de
Narbonne Athaloc tente de soulever la Septimanie avec l’aide de deux nobles
goths Widigern et Granista. Ils s’en prennent violemment aux moines et aux
prêtres faisant parmi eux de nombreuses victimes. Devant l’ampleur de
l’insurrection, le roi Gontran de Burgondie, bien que catholique, envoie une
armée sous les ordres de Boson, en soutien aux rebelles dans l’espoir de tirer
profit du désordre ambiant pour accroître son influence territoriale.
La révolte échoue grâce à l’intervention du duc de Lusitanie, Claudius, appelé par le roi Récarède. L’armée burgonde est mise en déroute tandis qu’Athaloc meurt, dit-on de désespoir. Après sa mort, l'arianisme s'effondre rapidement face à l'importance des conversions.
589 – Concile de Narbonne convoqué par le roi des Wisigoths
Récarède. Sont rassemblés Migetius, évêque de Narbonne et les évêques d’Elne,
Béziers, Carcassonne, Agde, Lodève, Maguelonne et Nîmes. Parmi les décisions
prises, l’une porte sur l’obligation pour les prêtres de savoir lire et écrire.
Il est aussi décidé de combattre le paganisme toujours vivace en interdisant de fêter le jeudi comme jour dédié à Jupiter et de condamner à une amende tous ceux qui consulteraient ou accueilleraient des devins ou des sorciers. Selon des canons du concile, outre les Wisigoths et les Romains, les peuples présents en Septimanie se composaient également de Juifs, de Syriens et de Grecs, preuve que le négoce y était toujours très actif. Sont aussi visés les Juifs désormais obligés de respecter le repos dominical et interdits de chanter des psaumes aux enterrements. Ce concile édicte également des règles disciplinaires à l'usage des clercs. Interdiction de flâner sur les places ni de porter des vêtements de luxe figurent parmi les nouvelles prescriptions à l'attention de ces prêtres, diacres et sous-diacres de nouvelle génération, souvent peu instruits, que l'on doit portés vers les avantages matériels
L’évêque de Narbonne Migetius fait la même année fait le
voyage jusqu’au Concile de Tolède qui réunit pas moins de 72 évêques.
23 octobre 610 – La tentative de restauration de l'arianisme soutenue par le roi Witteric (603-610) et une poignée de nobles ayant échoué, Serge, évêque de Narbonne souscrit à
l’édit de Gundomar, nouveau roi des Wisigoths (610-612) reconnaissant l’évêque de
Tolède comme le métropolitain de la Carthaginoise (archidiocèse de Carthagène)
633 – Selva, évêque de Narbonne, siège la même année au Concile de Tolède. Parmi les décisions prises lors de cet assemblée figure l'abolition de le loi édictée par le roi Sisebut qui obligeait les Juifs à être convertis au christianisme par la force. Il est désormais demandé aux prêtres de leur accorder le baptême parla persuasion. Il est, en revanche, confirmé qu'il est interdit aux Juifs de posséder des esclaves chrétiens.
638 – l’évêque Selva de Narbonne préside le Concile de Tolède. Il est convenu que les Juifs convertis au christianisme n'auront pas le droit d'abjurer leur nouvelle religion.
672 - Argebaud, cité comme évêque de Narbonne. Il serait mort l'année suivante.
672 – les Narbonnais se révoltent contre Wamba (roi de 672 à 680),
l’improbable successeur du roi Receswinthe qui résidait alors en Espagne.
S’estimant trop vieux pour assurer cette fonction, bien qu’âgé de 38 ans, Wamba
est sacré à Tolède avec l’huile bénite, légitimant son pouvoir.
673 - Envoyé pour soumettre les rebelles, le duc Paul se fait élire par les Narbonnais roi de Septimanie avant d’être dépossédé de son titre par Wamba lui-même lors d’une campagne dont le roi sort vainqueur bien qu'il eut aussi face à lui le duc de Tarraconaise Ronasind mais aussi le roi des Francs Childeric II. Wamba se présente devant Narbonne où les partisans de Paul, conduits par un certain Witimir offrent une forte résistance. Les remparts sont finalement forcé et Witimir arrêté.
2 septembre 673 – Réfugié à Nîmes, le duc Paul est vaincu par Wamba qui le fait tondre et revêtir d’une couronne de cuir en signe d’humiliation. Il est ramené en guise de trophée à Tolède avec une foule de prisonniers où on lui crève les yeux.
29 janvier 680 –
Nommé archevêque par le roi Wamba, Julien de Tolède, bien que lui-même
d’origine juive, organise l’enlèvement des enfants pour les baptiser de force
et leur donner des noms chrétiens
Devenu impopulaire en raison, dit-on, de ses réformes militaires et religieuses, Wamba est, en quelque sorte, poussé vers la sortie, contraint de faire nommer, à sa place Ervige, un comte marié à Liubigotona, la fille du roi Swinthila (c.590-635), celui-là même dont le père Récarède (559-601), avait, le premier, renoncé en 587 à la religion arienne, pourtant emblématique de la culture wisigothe, au profit du christianisme nicéen.Roi parfois controversé mais doté de sa part de légende, Wamba fut aussi le premier souverain Wisigoth à faire face aux raids musulmans dans le sud de l’Hispanie. Malade, mais aussi en proie à une contestation de plus en plus marquée, il abandonna le pouvoir en 680 laissant à ses successeurs un royaume fragilisé. Il mourut en 688 dans le monastère où il s'était retiré.
683 – Sunifroi (ou Sunifred), évêque de Narbonne. Il souscrit aux
Conciles de Tolède jusqu’en 688, recevant pour l’occasion l’éloge d’Idale,
évêque de Barcelone
La façon dont Ervige (643-687) est devenu roi des Wisigoths soulève cependant nombre de questions, tant sa légitimité, mise en doute, l'oblige à céder systématiquement à l'assemblée des évêques. Malade, il nomme en 687, son neveu par alliance Egica pour lui succéder.
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| Egica, roi des Wisigoths (687-701) Tableau de Carlos Esquivel y Rivas (1853) Madrid - Musée du Prado |
La vengeance ne pardonne pas, pour autant, tous les excès. Au Concile de Tolède qui eut lieu en 693, Egica exigea de l'Eglise qu'elle promulgue des lois particulièrement hostiles aux Juifs, les faisant, de fait, les esclaves des chrétiens, exigeant que tous les enfants juifs, dès l'âge de 7 ans, soient enlevés à leur famille et élevés selon les préceptes du christianisme. Ces lois ne furent, en fait appliquées qu'à Tolède tant le rôle des Juifs était, d'une manière générale, considéré comme indispensable au bon fonctionnement de l'économie, mais constituèrent la prélude à la désintégration du pouvoir wisigoth. Egica se réconciliera, par la suite, avec son épouse et associera, au trône, son fils Wittiza, à partir de 697.
687- Une stèle funéraire, découverte à Narbonne, portant les noms de trois enfants d'un seigneur Paragorus se terminant par la mention "Paix sur Israël" montre que les Juifs jouissaient alors d'une relative tranquillité. Dès l'époque gallo-romaine, en effet, la communauté juive, du fait de son implication dans la gestion des activités portuaires bénéficiait de certains droits, dont celui de posséder des biens en toute propriété. Conscients de l'importance de leur rôle dans le fonctionnement économique de la ville, les Wisigoths ne s'opposèrent jamais au maintien de ce privilège.
694 – une épidémie de peste frappe Narbonne et ses environs. Cela fait déjà un an que l'infection a commencé à faire des ravages en Septimanie.
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