mardi 28 mars 2023

107 av. JC - les Cimbres et les Teutons à l'horizon de Narbonne

107 av. JC La garnison romaine en poste à Narbonne se prépare à l’éventualité d’une irruption des Cimbres et des Teutonsmais plus particulièrement de leurs alliés Tigurins qui viennent de battre les légions des consuls Lucius Cassius Longinus et Lucius Caesoninus à la bataille d’Agen. Les deux consuls ont été tués et les soldats romains, faits prisonniers, ont subi l'humiliation publique en étant forcés de « passer sous le joug » au pied du chef Tigurin Divico. A l’annonce de la victoire des Tigurins, les Volques Tectosages rompent leur toute récente alliance avec Rome et ouvrent aux « libérateurs » les portes de Tolosa (Toulouse), la capitale. Leur roi Copill prend parti pour les Cimbres de Boiorix, faisant capturer et emprisonner les soldats romains présents sur place.

Charles Gleyre (1858)
"Les Romains passant sous le joug"
Cette toile représente l'humiliation imposée
 aux soldats Romains après leur défaite
face aux Helvètes, alliés des Cimbres et des Teutons

Originaires de la péninsule du Danemark (Jutland) et du Schleswig-Holstein, les Cimbres et les Teutons s’étaient regroupés une douzaine d’années plus tôt pour entamer une vaste migration vers le sud, à la recherche de nouveaux espaces où s’établir. La diminution des terres arables, consécutive à la montée des eaux, était certainement une des raisons qui avaient poussé ces deux peuples germaniques à abandonner en masse leur pays pour tenter l’aventure vers l’inconnu. 

Formant un impressionnant convoi de chariots transportant plusieurs centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sous la conduite de leurs chefs Boïorix et Teutobokhe, les Cimbro-Teutons remontèrent d'abord l’Elbe et pénétrèrent en territoire celte, traversant la Bohème avant de descendre la Danube jusqu’à l’actuelle Serbie.


La grande migration des Cimbres et des Teutons (119 - 101 av. JC)

Ils parvinrent en 113 av. JC dans le pays des Taurisques, une tribu celte de l’actuelle Haute Autriche, alliée de Rome. Appelé pour venir à son secours, le consul Gaius Papirius Carbo tenta, avec son armée, de repousser les Cimbro-Teutons mais les Romains furent lourdement vaincus à la bataille de Noreia. Après avoir pillé l’Illyrie et la Pannonie où ils résidèrent un temps, les Cimbro-Teutons reprirent leur lente progression, cette fois en direction de l’Ouest. Ils traversèrent le pays des Helvètes avant d’entrer en Gaule en 110 av. JC., rejoints au passage par des tribus celtes dont les Tigurins et les Ambrons d’Helvétie, attirés par l’espoir d’un butin. 
Les Cimbro-Teutons, dont on estime le nombre à 300 000, furent plutôt bien accueillis par les tribus de Belgique dont certaines se découvrirent même, avec eux, une proximité culturelle. Ils commencèrent toutefois à se heurter à une véritable résistance au fur et à mesure de leur avancée vers le centre de la Gaule, ne laissant souvent, derrière eux, que la désolation.
En 109 av. JC, ils se tournèrent vers la Provincia Romana (la Gaule Narbon-naise), cherchant à négocier avec les Romains l’attribution de terres au sein de leurs nouvelles colonies. Rome étant alors le théâtre de vives querelles au sujet des nouvelles lois agraires, le consul Marcus Julius Silanus mandaté pour traiter avec les Cimbro-Teutons, leur opposa une fin de non-recevoir. 
Vexés, ceux-ci engagèrent alors les hostilités. Ils écrasèrent, en 107 av JC, une armée romaine sur les bords du Lac Léman et décidèrent de se rendre en Italie avant de changer d’avis pour marcher vers la Provincia. Quant aux Tigurins, ils se dirigèrent vers le Sud-Ouest de la Gaule, informés que les Volques Tectosages étaient en rébellion contre la présence romaine.  

 "L'OR de TOULOUSE"

Cépion ravissant l'Or de Toulouse
Eau forte de Sébastien Le Clerc (1687) d'après Jean-Pierre Rivalz
Toulouse - Musée Paul Dupuy


106 av. JC Le consul Quintus Servilius Caepio (Cépion) est chargé de reprendre la ville de Tolosa que les Volques Tectosages ont livré l’année précédente aux Cimbro-Teutons. Il part de Narbonne à la tête de 8 légions. 

Profitant de l’absence de Copillos (Copill), le roi des Volques, les Romains mobilisent les habitants qui leur sont restés acquis pour s’emparer relativement facilement de la ville. Caepio ordonne de la mettre à sac et c’est en pillant les sanctuaires que ses hommes mettent la main sur un important trésor composé de 150 000 livres en barres d’or et 100 000 livres en barres d’argent conservés au fond de bassins sacrés.

Selon la légende, ce trésor connu comme l’Or de Toulouse résultait du pillage du temple d’Apollon à Delphes, dont s’étaient emparés les Gaulois de Brennus au cours d’une expédition celtique en 279 av. JC. Les Volques Tectosages qui y prenaient part l’auraient alors transporté jusqu’à leur capitale. En fait, le temple de Delphes avait déjà été saccagé et vidé de ses richesses quelques années plus tôt. Quand aux barres d’or, elles provenaient plus simplement des gisement aurifères abondants sur le territoire même des Volques entre la Montagne Noire et les Pyrénées.

Caepio fait transporter le trésor à Rome mais l’imposant convoi (450 charrettes) est, selon ses dires, attaqué par une horde de brigands entre Toulouse et Narbonne où il devait être embarqué. L’escorte est massacrée. L’or a disparu, seul l’argent parvient à Rome. Comment une marchandise aussi précieuse a-t-elle pu être si mal protégée ? Dans son Histoire contre les Païens, Orose (385-420) écrit que Caepio fit tuer en cachette ceux qui étaient charger de transporter le trésor et qu’il le déroba dans sa totalité.

Quintus Servilius Caepio (Cépion) (c.150 – après 103) – issu de la gens patricienne, il suit la Carrière des Honneurs (Cursus Honorum), et obtient le triomphe en 109 pour ses succès militaires en Lusitanie lorsqu’il est prêteur. Nommé Consul en 106 av. JC, il se fait d’emblée remarquer par l’adoption d’une loi créant des jurys mixtes pour juger les affaires de concussion dont se rendent coupables les gouverneurs provinciaux. Jusque-là exclusivement réservé à la classe équestre, le jury est désormais ouvert à l’aristocratie sénatoriale qui y voit là une revanche depuis qu’une loi de 109 a permis de condamner les agents sénatoriaux qui ont perçu de l’argent de Jugurtha. Il est ensuite envoyé en Gaule Narbonnaise reconquérir la ville de Tolosa. Il y prélève le trésor que les Volques conservent dans le secret et dont il est dit qu’il provient du butin rapporté de Delphes par les Gaulois lors de leur expédition de -279. L’or convoyé vers Rome est volé par des brigands sur la route de Marseille. On ne manque pas en cette occasion d’accuser Caepio d’être le vrai responsable de cette opération.

 105 av. JC nommé proconsul en Gaule, Quintus Servilius Caepio dit Cépion (c.150 -ap. 103 av. JC) refuse de reconnaître l’autorité du nouveau consul Cnaeius Mallius Maximus sous prétexte qu’il n’appartient pas à la classe patricienne. Cette attitude va s’avérer fatale pour les Romains. Leur avant-garde est battue dans un premier temps près de Vienne par les Cimbro-Teutons et le légat Marcus Aurelius Scaurus tué de la main même de Boiorix. Mais le choc a lieu le 6 octobre, près d’Orange (Arausio), entre les légions du Consul Mallius et les Cimbro-Teutons auxquels se sont joints les Tigurins

Stationné sur la rive droite du Rhône, Caepio s’obstine dans son refus de coopérer avec le Consul Mallius, positionné sur l’autre rive, pour lequel il affiche un mépris inconsidéré. Faute d’entente entre les deux généraux, la bataille se transforme en désastre pour l’armée romaine. Furieux du refus répété des Romains de leur attribuer des terres, les Cimbro-Teutons dont on estime les forces à près de 200 000 combattants, se livrent à un véritable massacre, décidés à ne faire aucun prisonnier. 84 000 légionnaires (soit 8 légions au complet) et 40 000 valets sont ainsi tués dont les deux fils de Mallius. Le consul et le proconsul parviennent à fuir mais, à Rome, la panique que provoque cette déroute sans précédent est telle qu’ils sont tous deux déchus de leur magistrature et condamnés à l’exil pour haute trahison.

Accusé d’avoir aussi détourné « l’Or de Toulouse », Caepio fut, de plus, déchu de sa citoyenneté romaine dut divorcer de son épouse Livia Drusa. Il finit ses jours à Smyrne.

104 av. JC - Nommé Consul pour la seconde fois, le général Gaius Marius (157-86 av. JC) s'est donné pour mission de laver l'affront subi un an plus tôt par les Romains lors de la bataille d'Arausio. Il profite du retrait des Cimbres et des Teutons de la vallée du Rhône pour stabiliser la Gaule Transalpine et consolider ses légions dans la perspective d'une nouvelle campagne militaire. 

On ignore les raisons pour lesquels les Cimbres et les Teutons décidèrent de se séparer mais il est probable qu’un différend soit survenu à propos de l’éventualité d’une marche vers Rome. Les Cimbres prirent alors le chemin de l'Hispanie, passant non loin de la colonie de Narbo Martius, sans que l’on sache d’ailleurs s’ils y commirent quelques exactions tandis que les Teutons repartirent vers le Nord. Ces errances rencontrèrent à chaque fois l’hostilité des peuples traversés

Marius envoie son légat Cornelius Sylla (138-78 av. JC) pacifier les Volques Tectosages dont le roi Copillos a fait son retour à Tolosa avec la ferme intention de se venger de la profanation dont s'est rendu responsable l'ancien proconsul Caepio en volant l'or conservé dans les sanctuaires de la cité pour s'assurer le bienveillance des dieux. Sylla parvient à défaire les Tectosages et s'emparer de Copillos. Conduit devant Marius, on ignore quel sort lui fut réservé.

La défaite des Cimbres et des Teutons par Gaius Marius
(Tableau de François-Joseph Heim - 1853)
Musée des Beaux-Arts de Dijon

Remarquable stratège, Marius eut le mérite de procéder à une profonde réforme de l'armée romaine après une longue série de défaites. Vainqueur des Numantins, de Jugurtha et des Cimbres, il eut l'honneur d'assumer à six reprises la fonction de consul. Malgré ses succès militaires, il se heurta à la vieille aristocratie romaine qui lui reprochait d'être un "homo novus", un homme nouveau parvenu au grade de général par son simple mérite et non par ses origines familiales.

Les rancoeurs et les jalousies provoquèrent à la fin des années 90 une Guerre Civile entre les populares, le parti des réformateurs soutenu par Marius, et les optimates représentant la classe patricienne menés par Cornelius Sylla, celui-là même qui avait servi Marius au cours de la guerre des Cimbres.

Marius s'empara de Rome en 87 mais son décès, l'année suivante, devait précipiter la défaite des populares au profit de Sylla. Jouissant d'une forte popularité auprès des soldats, Marius fut à l'origine d'une mutation profonde de l'esprit militaire romain en attachant plus d'importance à loyauté envers le chef qu'à la République, annonçant à terme le passage vers l'Empire.  

Repoussés par les Celtibères, les Cimbres finiront au bout de deux ans par remonter la Gaule pour se joindre une nouvelle fois aux Teutons et reformer une coalition dans le but d’envahir l’Italie. Cet épisode prendra fin en deux temps et verra à chaque fois la victoire éclatante du consul Gaius Marius (157-86 av. JC) : en 102 av. JC lors de la bataille d’Aquae Sextiae (Aix-en-Provence) qui s’achèvera par l’anéantissement des Teutons et un an plus tard, le 30 juillet 101 av. JC, près de Verceil à la bataille des Champs Raudiens au cours de laquelle les Cimbres seront totalement écrasés. Les survivants de ces deux peuples germaniques se fixèrent principalement en Gaule et notamment chez les Belges où ils furent peu à peu absorbés par les tribus locales.

Caius Marius (151 - 86 av. JC)

Issu d'une modeste famille de la classe équestre, il accède, grâce à ses qualités de stratège au grade de  général de l'armée romaine. Vainqueur du roi Numide Jugurtha en 107 mais surtout des redoutables Cimbres et des Teutons qui menaçaient directement Rome, il occupera pour cette raison 7 fois la fonction de consul. Son engagement politique en faveur des populares, puis son revirement en faveur du Sénat au cours de la triste "Guerre Sociale" lui vaudront, en revanche, d'être contraint à l'exil par Sylla, celui-là même qui, bien qu'ayant été son légat dans l'armée n'avait jamais supporté qu'un "homo novus" vienne contester la suprématie de la classe aristocratique à laquelle il appartenait. De retour à Rome en 86, alors que des affrontements sanglants opposent ses partisans à ceux du sénat, il meurt d'une pleurésie à la veille d'entamer son dernier mandat de consul. 
John Vanderlyn  -"Caius Marius au milieu des Ruine de Cartrhage" (1807)
Musée des Beaux- Arts de San Francisco





samedi 25 mars 2023

118 av. JC - la fondation de Narbo Martius

La nouvelle colonie de Narbo Martius

118 av JC
– Quintus Martius Rex et Marcus Portius Cato consuls

Cnaeus Domitius Ahenobarbus est confirmé par le Sénat dans son rôle de pacificateur de la Gaule Transalpine. Il se voit surtout confier la mission de construire une route à usage militaire reliant l’Hispanie romaine à la Gaule Cisalpine. Accompagné d’une armada de géomètres, d’arpenteurs, d’ingénieurs, de constructeurs de route et de terrassiers, il démarre un chantier qui va durer quatre ans. Malgré l’importance des moyens, le temps accordé ne lui permettra pas la réalisation d’ouvrages d’art, l’obligeant à privilégier les passages à gué et à réduire les portions dallées.  

La Via Domitia près d'Ambrussum

 Domitius vit, cependant, sa tâche facilitée, du fait qu’il put, en partie, suivre le tracé de l’ancienne Voie Héracléenne, une route devenue mythique qui reliait Gibraltar au Montgenèvre. Son nom rappelait à lui seul le gigantisme d’un projet qui n’avait pu, pensait-on, relever que d’une puissance divine. Son origine reste, à ce propos d’ailleurs, mystérieuse. On l’attribue parfois sans réel fondement aux Celtes mais on peut tout autant y déceler l’empreinte des marchands Phéniciens au temps de leur apogée, peut-être à partir du VIIIème siècle, démontrant, si besoin est, l’importance, depuis le premier Age du Fer, des liens commerciaux entre l’Hispanie et le Gaule Cisalpine. 

Hannibal l’avait, par ailleurs, largement emprunté avec son armée lors de son expédition vers l’Italie. 

 
Tracé de la Via Domitia

La fondation de la colonie de Narbonne par Domitius, ou tout au moins le repérage de l’endroit propice à la fondation d’une colonie ne relevait pas du hasard. La Narbo de l’époque, jadis capitale de l’ancien peuple ligure des Elisyques, était un port florissant, un lieu d’échanges où transitaient les navires venus de toute la Méditerranée. Le trafic y était important mais le plus séduisant résidait dans sa situation géographique, aisément accessible par l’ouest, le sud et le nord, avec à l’est une vaste lagune ouvrant sur la mer.

L’oppidum des anciens Elisyques (Montlaures) qui s’élevait à quelques kilomètres était bien modeste et les humeurs du fleuve Atax (Aude) sujet à des inondations saisonnières en faisaient une zone peu densément peuplé par les autochtones, et donc aisément assimilable. L’implantation d’une colonie romaine, c’est-à-dire essentiellement dédiée à des Romains et la possibilité d’y maintenir une garnison constituaient donc une réelle opportunité dans la perspective d’une expansion territoriale. 

Bien qu'il n'ait que 22 ans, ce qui, à Rome correspond encore à l'adolescence, le jeune Lucius Crassus parvient à faire passer une loi sur l’établissement de la colonie de Narbo Martius a la suite d'un discours brillant, dont Cicéron, lui-même, reconnut, plus tard, qu'il avait quelque chose de plus mûr que son âge (Brutus LXII). Il s’implique, par ailleurs, personnellement dans sa fondation. Le nom Martius, donné en hommage au dieu Mars, évoque certainement la fonction militaire attribuée à l’origine à cette nouvelle colonie située en territoire gaulois destinée à servir d’abord de « ville de garnison ».

Lucius Licinius Crassus 
Lucius Licinius Crassus (140-91 av. JC) – en 119 av. JC, alors jeune jurisconsulte, il se fait remarquer pour son talent d’orateur en attaquant en justice le consul sortant Caius Papirius Carbo pour le soutien que celui-ci a  apporté à Tiberius Gracchus, le tribun de la plèbe qui, en 133, a tenté de soulever le peuple contre le Sénat, l'accusant d’abuser de ses pouvoirs. Poursuivi pour concussion et dans l’incapacité de se justifier, Carbo se suicide. Cicéron, lui-même, considère Crassus comme le plus brillant orateur de son temps, soulignant l'émotion qui a frappé Rome tout entière suite à son décès prématuré alors même qu'il venait de prononcer son plus fameux discours  devant le sénat.

Narbo Martius "Caput et Mater Urbium" (chef et mère des villes)

Malgré la résistance de nombreux sénateurs, le discours de Lucius Crassus sur l’opportunité de fonder la colonie de Narbo Martius remporte finalement l’adhésion. Le Sénat lui accorde, en conséquence, l’honneur de conduire la fondation de la colonie. Il prend ainsi la tête des triumvirs chargés de procéder au partage des terres entre les nouveaux colons. Il va dès lors poursuivre la traditionnelle carrière des honneurs, devenant consul en 95 puis censeur en 91.

Pour Lucius Crassus, la nouvelle colonie de Narbo Martius possédait un grand nombre d’atouts :

-  une situation géographique privilégiée au carrefour entre la route de l’Hispanie, la Garonne et l’océan, offrant, de la sorte, une liaison directe entre l’Italie et les régions du centre et de l’Ouest de la Gaule

-  la fondation d’une colonie romaine permettait d’y mettre à l’écart des personnalités dérangeantes pour le pouvoir romain.

- Elle offrait aussi de nouvelles terres aux vétérans par l’attribution de lots.

- Elle permettait enfin d’installer une garnison (jusqu’à 3 légions soit environ 18 000 hommes)

On ne sait pas comment fut opérée la déduction de colonie vis-à-vis des populations occupant les lieux (appelés pérégrins) mais on suppose qu’elles furent tout simplement contraintes de trouver ailleurs un endroit où s’installer. Il est possible qu’elles aient remonté le cours de l’Aude (Atax) jusqu’à la Haute Vallée pour trouver refuge dans les environs d’Alet, d’où le nom d’Atacini qu’on leur donne parfois.

Les premiers colons, auxquels on donne aussi le nom d’Atacini, essentiellement venus d’Italie arrivèrent d’Ombrie, du Picenum, du Latium et de Campanie. On les estime à environ 3000, appartenant tous à la tribu Pollia, une des 31 tribus rustiques de la République Romaine à laquelle étaient notamment rattachés les enfants de légionnaires nés dans l’Empire. Ils sont tous reconnus comme des citoyens romains "optimo jure", un droit dont bénéficiera aussi leur descendance.

117 av. JC - après quatre années d’intenses travaux, Cnaeus Domitius Ahenobarbus achève la réalisation de la Via Domitia. Lui rendant honneur, le Sénat accepte de nommer ainsi la nouvelle route.