samedi 19 avril 2025

Narbonne au XIIIème siècle - Le temps de la revanche (1221-1225)

 5 février 1221 – le cardinal légat Conrad von Urach déclare que toutes les terres données à l’Ordre de la Foi de Jésus par Amaury de Montfort et ses chevaliers devront lui revenir ainsi qu’aux autres bénéficiaires. Frère Savary, maître de la milice de la Foi du Christ s’engage, de son côté, à protéger Amaury de Montfort et les siens contre leurs ennemis, chrétiens ou hérétiques.

6 février 1221 – le roi Jacques 1er d’Aragon (1208-1276) épouse Aliénor de Castille (1202-1244).

Né à Montpellier dans la seigneurie dont sa mère Marie était l'héritière, l’infant Jacques (Jacme en occitan) n’avait encore que 2 ans lorsqu'au cours d'une rencontre à Melgueil (Mauguio), son père Pierre II d'Aragon et Simon de Montfort se firent la promesse de le marier à la fille du chef des croisés prénommée Amicie, elle-même âgée d’une dizaine d’années. Le jeune garçon fut alors envoyé comme otage vivre à Carcassonne de manière à sceller cet engagement. Deux ans plus tard, le roi d'Aragon trouvait la mort au cours de la bataille de Muret et le prince Jacques, déjà retenu à Carcassonne, se retrouvait, de fait, prisonnier de Simon de Montfort. Le légat Pierre de Bénévent dût, à l’époque, user de toute son autorité pour que le chef croisé restitue l’enfant qui, entre temps, venait d’hériter de la seigneurie de Montpellier suite à la mort de sa mère. Jacques retourna en Aragon où il fut reconnu roi dans un contexte très tendu au sein de la noblesse aragonaise. 

Jacques épouse à 13 ans Aliénor de Castille qui en compte 6 de plus. La jeune femme est, du côté de sa mère, la fille d’Aliénor Plantagenet et donc la nièce du comte Raymond VI et, du côté de son père, la petite cousine du vicomte Aymeri III de Narbonne. Les fins politiques de cette union sont claires, visant resserrer les liens entre les royaumes d’Aragon et de Castille à un moment où prend forme la Reconquista face à l’Al Andalus arabo-musulman.   

Février 1221 – le comte Raymond VI reprend Montréal. Le croisé Alain de Roucy (av.1172-1221), fidèle compagnon de Simon de Montfort, trouve la mort en défendant la cité.

Alain de Roucy avait porté le coup fatal qui avait tué le roi Pierre II d’Aragon lors de la bataille de Muret. C’est à lui qu’avaient été inféodé le Termenès, relevant des domaines confisqués en 1210 aux Trencavel.

Février 1221 – les trois cours seigneuriales de Narbonne ( le vicomte, l’archevêque et l’abbé de Saint Paul) rédigent une ordonnance concernant la législation des créances avec l’assentiment des prud’hommes et des 12 consuls de la ville (6 pour Cité et 6 pour Bourg).

10 mars 1221Amaury de Montfort lève le siège de Castelnaudary et part se replier à Carcassonne

2 juin 1221 – partant du constat qu’un bon nombre d’ecclésiastiques rechigne à supporter la cause de la croisade (negotium fidei), le pape Honorius III demande au légat Conrad von Urach d’enquêter et de juger les archiprêtres et les moines qui auraient manqué à leur devoir en sympathisant avec les hérétiques aux dépens des Cisterciens, des Hospitaliers et de Templiers.  

16 juillet 1221 – le vicomte de Narbonne Amaury III fait don de son château de Coursan  à Emmanuel, grand-prieur de l'abbaye de Saint Gilles et aux Hospitaliers de Narbonne représentés par leur commandeur adresse une lettre au légat Conrad Von Urach l’informant que la règle des Templiers sera applicable à l’Ordre de la Foi de Jésus chargé de combattre l’hérésie dans le sud de la France

16 juillet 1221 – le pape Honorius III adresse une lettre au légat Conrad Von Urach l’informant que la règle des Templiers sera applicable à l’Ordre de la Foi de Jésus chargé de combattre l’hérésie dans le sud de la France

Août 1221 – l’évêque de Limoges arrive à Carcassonne avec quelques renforts parmi lesquels figure le chevalier Aymeric de Rancon, un  seigneur de Basse-Marche en quête d’émotions. Amaury de Montfort en fait rapidement un de ses lieutenants, y voyant surtout un parti pour sa belle-sœur Pétronille de Bigorre, veuve de son frère Guy après l’avoir été de ses deux précédents époux.

6 août 1221 – le fondateur de l’Ordre des Frères Prêcheurs Dominique de Guzman meurt au cours d’un voyage à Bologne à l’âge de 51 ans.

Originaire de Castille, le prédicateur Dominique de Guzman s’était établi à Fanjeaux en 1206. Il y avait, peu après, fondé le monastère féminin de Prouilhe destiné à servir de refuge aux femmes cathares revenues à la religion catholique. Ardent défenseur de l’Eglise de Rome mais ayant aussi fait vœu de pauvreté, il s’était fortement impliqué dans les controverses religieuses pour y défendre ses arguments face aux cathares. Invité en 1215 à s’installer à Toulouse par l’évêque Foulques, il y avait fondé la première communauté des Frères Prêcheurs vouée à la prière, l’étude et la prédication. Au moment de sa mort, ce nouvel ordre « mendiant » qui prendra en 1234 le nom de Dominicains compte déjà 20 couvents de frères et 4 de sœurs.

6 novembre 1221 – de passage à Narbonne, Amaury de Montfort prend sous sa protection les moines de Fontfroide et leurs biens, défendant à tous ses officiers et ses sujets de les molester à l’avenir.

30 novembre 1221 – A Narbonne, les 6 consuls de Cité se voient confirmer par le vicomte Aymeri III les droits de « banderage, lignerage, dépaissance et abreuvage des troupeaux dans le territoire de l'île de Lec», tels qu'ils leur ont, à l’origine, été accordés par la vicomtesse Ermengarde.

Le banderage était la possibilité de faire appel à de la main d’œuvre ou de lever des biens en fonction des nécessités. Le lignerage était un droit d’usage sur les activités artisanales. La dépaissance et l’abreuvage concernaient la nature des lieux et les conditions dans lesquelles devaient paître les  troupeaux.

2 août 1222 – le comte Raymond VI décède à Toulouse à l’âge de 65 ans, des suites d'une maladie aussi soudaine que brutale. Toujours excommunié, l’Eglise refuse à sa famille qu’il soit inhumé selon le rite chrétien.

Fidèle à ses principes tout au long de sa vie, Raymond VI a acquis, avec le temps, la stature d’un véritable héros auprès des gens du midi. Dans un contexte d’une rare violence, il a choisi de défendre, envers et contre tout, les aspirations de ses sujets, considérant avec bienveillance la progression de l’hérésie cathare quitte à s’attirer les foudres de l’Eglise officielle. Accusé sans preuve formelle, voire même à tort, d’avoir commandité en 1208 la mort du légat du pape Pierre de Castelnau, il a, alors, vu le monde ecclésiastique dans toute sa fureur et sa cruauté. Il a aussi vu des étrangers, venus du Nord, piétiner ses modèles culturels, se partager ses terres, supplicier les siens mais il n’a jamais renoncé. Excommunié à de nombreuses reprises, fouetté même en public, contraint d’avancer à genoux en quête d’une hypothétique miséricorde, il n’en a pas pour autant renoncé à la fidélité qui l’unissait à ses proches, à ses vassaux et au peuple toulousain. Il a su maîtriser les traitres et tenir bon lorsqu’en 1215 à Rome, devant le pape Innocent III, il a entendu l’implacable sentence qui le dépouillait de tous ses titres et de ses biens. Il ne lui restait alors que son honneur et l’amitié de son beau-frère le roi Jean d’Angleterre pour oser imaginer un jour que l’horizon puisse s’éclaircir. C’est justement à Marseille au printemps 1216 que le destin commença pour lui à basculer. Devant une foule en liesse, il sentit qu’un nouveau chapitre allait pouvoir s’ouvrir. Et ce fut à Beaucaire où s’illustra son fils Raymond le Jeune au cours de l’été que le vent commença vraiment à tourner en sa faveur. Deux ans plus tard, Simon de Montfort trouvait la mort devant les remparts de Toulouse annonçant la prochaine déroute des croisés. Dès lors, tout devait aller très vite. Sans même avoir recouvré son titre de comte, il avait en quelques mois vu se rallier à lui la grande majorité des cités méridionales.       

Le 2ème sceau de Raymond VII le Jeune
"De Raymond par la Grâce de Dieu comte de Toulouse et Marquis de Provence"

21 septembre 1222
Raymond le Jeune (1197-1249) succède à son père sous le nom de Raymond VII, se voyant par la même occasion frappé d’excommunication. Il s’est vu accorder au concile de Latran le Marquisat de Provence mais ne peut revêtir le titre de Comte de Toulouse détenu officiellement par Amaury de Montfort

Raymond le Jeune a épousé la princesse Sancie d'Aragon (11865-1241) en 1211. Il n'avait alors que 14 ans. Cette union s'inscrivait dans la politique matrimoniale ambitieuse conduite depuis plusieurs années par le roi Alphonse VII d'Aragon son père. Née en 1186, Sancie avait huit frères et sœurs. L'aîné, Pierre II était devenu roi d'Aragon; Constance (1176-1222) avait épousé en seconde noces l'empereur Conrad II Hohenstaufen; Alphonse II (1180-1209) était devenu comte de Provence; Eléonore (1182-1226), la sœur aînée de Sancie avait épousé en 1202 le comte Raymond VI de Toulouse, ce qui faisait de Raymond le Jeune à la fois son beau-frère et son gendre; Ferdinand (1190-1249) avait commencé sa carrière dans les ordres avant de contester la légitimité au trône de son frère.  

1223 – Placée sous l’autorité du frère Rainald, la commanderie des Hospitaliers de Saint Jean installée à Narbonne est détachée de celle de Béziers.

14 juillet 1223 – le roi Philippe-Auguste meurt à Mantes à l’âge de 56 ans.

Il aura eu l’habileté de ne jamais s’impliquer personnellement dans la Croisade des Albigeois sous prétexte de sa mobilisation contre l’Angleterre et l’empire d’Allemagne, évitant surtout de s’opposer frontalement au comte Raymond VI, son cousin par sa mère Constance de France. Sa neutralité de façade aura, en fait, plutôt servi ses intérêts, ramenant peu à peu sous la suzeraineté du royaume de France une noblesse qui s’estimait depuis longtemps plus proche de ses voisins d’Hispanie. Il a laissé agir à sa place son fils le prince Louis, lui accordant toute latitude pour faire valoir l’autorité royale sur les terres occitanes, quitte même à fermer les yeux sur les dérives de la répression.

1223 – le vicomte Aymeri III concède à l’universitas de Narbonne le droit de posséder un poids pour le pesage de la farine et de tout le blé moulu dans les moulins de Narbonne et de son territoire.

La cité de Carcassonne avant sa restauration par Viollet-Le-Duc

14 janvier 1224
Amaury de Montfort et ses chevaliers concluent à Carcassonne une trêve avec les comtes de Toulouse et de Foix leur promettant d’œuvrer en faveur d’une réconciliation avec l’Eglise et le nouveau roi Louis VIII. Celle-ci s’étendra à toutes les possessions d’Amaury de Montfort à l’exception de Carcassonne, Minerve et Penne d’Agenais. 

Amaury de Montfort quitta alors la ville pour rejoindre ses terres d’Ile-de-France emmenant avec lui les cercueils contenant les dépouilles de son père Simon et de son frère Guy qui seront inhumées dans le prieuré des Hautes Bruyères fondé en 1114 dans la seigneurie de Montfort par son aïeul Amaury III.

Sans le reconnaître de manière officielle, la paix que venait de signer Amaury de Montfort s'apparentait à une capitulation. Elle mettait un terme à une croisade de15 ans qui, censée éradiquer une hérésie avait, peu à peu, pris la forme d’une guerre féodale implacable qui n’avait finalement généré que de la confusion. La fin justifiant les moyens, l’Eglise a préféré ne considérer les crimes commis que comme un épisode de la lutte contre les forces sataniques. Mais les vrais vainqueurs auront été, à n’en pas douter les cathares qui sortent renforcés de cette épreuve grâce à la solidarité sans faille dont ils ont pu bénéficier de la part d’une majeure partie de la population et de la noblesse locales.       

Foyer cistercien par excellence, l'abbaye de Fontfroide s'est faite particulièrement discrète au cours de la croisade contre les Albigeois, repoussant à plus tard les vastes travaux architecturaux entrepris à la fin du siècle précédent. Soucieux de préserver une apparente neutralité, le vicomte Amaury III a préféré, quant à lui, conserver ses distances avec l'établissement monastique. Seuls Simon de Montfort et son fils Amaury semblent avoir fait preuve d'un certain intérêt pour l'abbaye quand il s'est agi d'assurer sa protection. 

14 janvier 1224Amaury de Montfort cède à Hélie, abbé de Fontfroide, tous ses droits sur les pâturages des monts du Minervois et lui en accorde l’usage exclusif.

Février 1224Amaury de Montfort renonce en faveur de Louis VIII à tous les droits que le Saint Siège lui a concédés ainsi qu'à son père sur la conquête de l'Albigeois. Ceux-ci incluent notamment le titre de duc de Narbonne. Il espère, en retour, être honoré par le roi du titre de connétable.

3 juin 1224Concile de Montpellier. Le comte Raymond VII et ses alliés le comte Roger Bernard de Foix (fils de Raymond-Roger décédé l’année précédente) et Raymond II Trencavel demandent au pape de reconnaître leur légitimité et leurs droits héréditaires sur les comtés de Toulouse, de Foix et de Carcassonne. Ils font, en la circonstance, le serment d’éradiquer l’hérésie cathare de leurs terres et de restituer au clergé les biens qui lui ont été spoliés.

Raymond II Trencavel (1207-1263) – fils de Raymond-Roger, vicomte de Carcassonne, de Razès, d’Albi et de Béziers et d’Agnès de Montpellier. A la mort de son père, survenue dans des circonstances mal élucidées alors qu’il avait été emprisonné à Carcassonne sur ordre de Simon de Montfort, le jeune Raymond, alors âgé de trois ans avait été confié à son oncle le comte Raymond-Roger de Foix auprès duquel il passera son enfance. Le comte Raymond VII a profité du départ d’Amaury de Montfort pour réinvestir Carcassonne et l’offrir à son détenteur légitime, le jeune Raymond II Trencavel. Ce retour est aussi l’occasion pour sa mère Agnès de Montpellier (1190-1226) de retrouver sa place alors qu’elle avait été contrainte par Simon de Montfort de renoncer à ses droits en échange d’une rente viagère.  

25 août 1224 – le pape Honorius III accède à la requête des comtes Raymond VII, Roger Bernard et Raymond II Trencavel et leur restitue leurs titres et leurs possessions.

23 octobre 1225 – Retiré à Fontfroide, l’ancien archevêque Arnaud-Amalric fait don à l’abbaye de ses biens. Il ne s’agît, en fait, que de quelques livres, d’un palefroi, d’un coffret et de deux charrettes avec leurs chevaux.

Il décédera quelques jours plus tard. Malgré ses origines catalanes revendiquées et sa défense affichée d'une identité occitane, son corps sera transféré à l’abbaye de Citeaux pour y être inhumé. Arnaud- Amalric laissera derrière lui le souvenir controversé d’un cistercien à la fois inflexible dans la conduite de la mission que lui avait confié le pape au moment de la croisade des Albigeois mais aussi obstiné jusqu’à l’outrance lorsqu’il s’était accroché au titre de duc de Narbonne, mêlant de façon quelque peu contradictoire la mission spirituelle qui lui était dévolue à une quête du pouvoir temporel. 

Le couronnement du roi Louis VIII (1187-1226) et de son épouse la reine Blanche de Castille (1188-1252)
Miniature de Jean Fouquet (c.1460) Bibliothèque Nationale
La cérémonie eut lieu à Reims le 6 août 1223.
le mariage avait été célébré en 1200 alors que les deux époux avaient respectivement 13 et 12 ans. Le roi Philippe-Auguste réussissait pour l'occasion une opération politique de premier ordre. Fille du roi Alphonse VIII, Blanche de Castille permettait, en effet, au roi de France de tisser un premier lien familial avec les familles royales hispaniques, ses sœurs Urraque et Aliénor ayant respectivement épousé les rois Alphonse II de Portugal et Jacques 1er d'Aragon. Mais elle était aussi par sa mère Aliénor d'Angleterre la nièce du roi Jean Sans Terre et la cousine du comte de Toulouse Raymond VII le Jeune. 

29 novembre 1225
– le Concile de Bourges considère que le comte Raymond VII de Toulouse n’a pas respecté ses engagements en se rendant complice des cathares et le déclarent ennemi du roi. Les prélats se rangent du côté d’Amaury de Montfort qui, depuis des mois, revendique ses droits sur le comté de Toulouse au nom de Louis VIIII.

 Les eût-il vraiment respectés que les évêques auraient trouvé une autre raison pour justifier leur revirement. L’échec de la première croisade était trop patent pour que l’Eglise ne revoie pas sa stratégie vis-à-vis des terres de Languedoc. Profitant de l’impétuosité du nouveau roi Louis VIII et du fait qu’il s’était lui-même impliqué personnellement à deux reprises contre le comte de Toulouse et ses alliés, les prélats ne cachaient plus leur intention de déclencher une nouvelle croisade destinée à réduire de manière définitive les libertés dont abusaient, selon eux, les principautés du midi au profit d’un renforcement de l’autorité royale.          


jeudi 10 avril 2025

Narbonne au XIIIème siècle - La débâcle des Français (1218-1220)

 C'est, bien sûr, Toulouse qui, depuis le début de l'automne, concentre l’attention. Voilà plusieurs mois que Simon de Montfort et ses troupes sont à l'arrêt devant les murs de la ville. Ils ont laissé passer la trêve hivernale, attendant patiemment, comme à chaque début d’année, l’arrivée de nouveaux renforts pour repartir à l’offensive. Du côté toulousain, ces derniers mois ont permis de consolider les fortifications et de répartir les rôles de chacun dans l’organisation de la défense. Pris une fois encore entre deux feux, le vicomte Aymeri de Narbonne s’efforce de ne pas décevoir, n’osant afficher un soutien au Comte Raymond VI, déchu par décision du souverain pontife lui-même, mais aussi réticent à apporter son concours à Simon de Montfort qu’il sait profondément haï des méridionaux. Il se retranche habilement derrière le serment de fidélité qu’il a prononcé en faveur du chef des croisés depuis que celui-ci a officiellement été investi du titre de duc de Narbonne. Soucieux de satisfaire à ses obligations, il se range donc, de mauvaise grâce, du côté de Simon de Montfort, se gardant toutefois de s'engager personnellement.

3 janvier 1218 – après avoir écrit au roi Philippe-Auguste lui demandant de soutenir les croisés de façon plus active, le pape Honorius III exhorte les troupes aragonaises de quitter le ville de Toulouse.

27 février 1218 – les citoyens (cives) de Narbonne font savoir au pape Honorius III et au roi de France Philippe-Auguste qu’ils ont prêté serment de fidélité à Simon de Montfort. Ils lui ont aussi promis de détruire leurs murailles et de ne point recevoir ses ennemis.

En réponse, Simon de Montfort les autorise à relever leurs murailles, confirmant la bienveillance dont il a régulièrement fait preuve à l’égard des Narbonnais. Ceux-ci ne tardent pas à remettre en état les fortifications de la ville.

15 avril 1218 – les Toulousains tentent une sortie mais celle-ci se transforme en un sanglant affrontement sans progression réelle de part et d’autre.

Début mai 1218Simon de Montfort peut se satisfaire de l’arrivée de nouveaux renforts. Parmi eux figurent notamment Michel de Hames, un seigneur venu d’Arles et Gautier de Langton, un seigneur anglais. Bénéficiant de ses nouveaux soutiens, le chef croisé lance l’assaut au faubourg Saint Cyprien situé sur la rive gauche de la Garonne. Sachant que ce quartier constitue un point faible dans la défense, les Toulousains y ont dressé des barricades mais celles-ci sont emportées lors d’un violent orage. Les ponts sont également détruits, permettant à Simon de Montfort de prendre possession du faubourg et de bloquer le ravitaillement.

Mai 1218 - Simon de Montfort assigne aux religieux de Fontfroide une somme annuelle de 30 livres Melgueil (la monnaie la plus couramment répandue dans le Midi) à prélever sur les péages biterrois pour assurer leur pitance les six dimanches de Carême.

2 juin 1218 – Fort d’un nouveau contingent conduit par le comte Raoul de Soissons, Simon de Montfort tente une nouvelle offensive, espérant attirer les Toulousains en terrain découvert. Conscient du piège tendu par les croisés, le comte Raymond-Roger de Foix parvient à faire opérer un repli dans l’urgence.

Raoul 1er de Soissons (1180-1232) a épousé en premières noces Alix de Dreux, une cousine du roi Philippe Auguste. Il s’est plusieurs fois illustré à ses côtés, à l’occasion notamment de la troisième croisade en 1189 mais surtout lors de la bataille de Bouvines en 1214. Il est, à présent, de retour dans la région, après avoir accompagné deux ans plus tôt le prince Louis s'était impliqué dans la croisade des albigeois.

7 juin 1218 – Arrivant de Beaucaire, Raymond VII le Jeune fait son entrée dans Toulouse avec des renforts et des vivres.

La mort de Simon de Montfort

25 juin 1218 – Alors que les problèmes financiers continuent de s’accumuler et qu’il sent le découragement s’installer au sein de son armée après plus de 9 mois d’un siège dont l’issue est toujours incertaine, Simon de Montfort doit répliquer dès le lever du jour à une nouvelle offensive des Toulousains. Il a, pour cela, fait construire une puissante "chatte" et une tour d’assaut qui, une fois adossées au rempart, doivent faciliter le franchissement de la muraille à ses troupes. Fidèle à ses habitudes, il attend, toutefois, la fin de l’office religieux du matin pour enfourcher son cheval et se jeter lui-même dans la mêlée. Il constate, avec amertume, que la chatte qu’il a fait construire pour enfoncer les murs de la cité ne résiste pas aux tirs de projectiles. Son frère Guy chute alors de son cheval, victime d’un tir d’arbalète. Simon de Montfort se porte à son secours mais au moment où il lui tend la main pour l’aider à se relever, le voilà lui-même frappé en pleine tête par un bloc de pierre lancé par un trébuchet situé à St Sernin actionné selon la légende par de femmes. Il s’effondre, le crâne fracassé par la puissance du choc.

La mort de Simon de Montfort
"Et la pierre arriva où il fallait,
Si bien frappa le heaume d'acier
Que les yeux, la cervelle, aussi les dents du fond
Le front et les mâchoires elle fit éclater
A terre il tomba mort, livide, ensanglanté"....
. autour de lui, c'est la sidération

On s’efforce, côté croisé, de dissimuler sa mort mais la nouvelle se répand, laissant peu à peu la place à un silence pesant. Dans Toulouse, au contraire, l’annonce de la mort de Simon de Montfort provoque des cris d’allégresse. Une immense clameur envahit alors la ville « Lo lop es mort ! ».

26 juin 1218 – privés de leur chef charismatique, les croisés ont perdu le courage de se battre. Présent devant Toulouse au moment de la mort de son père, Amaury VI de Montfort (1192-1241) lui succède, revêtu lui aussi des titres de Comte de Toulouse, vicomte de Carcassonne et de Béziers mais c’est d’abord au roi de France Philippe-Auguste que reviennent ses droits.

1er juillet 1218Amaury de Montfort lance une nouvelle offensive contre les Toulousains mais celle-ci se solde, comme les précédentes, par un échec.

Début juillet 1218 – Le bayle de Limoux et les consuls de la ville font part à Amaury de Montfort de la douleur qu’ils éprouvent suite à la mort de son père et lui renouvellent leur fidélité.

25 juillet 1218 - Amaury de Montfort tient à poursuivre le siège de Toulouse et propose de conclure une trêve avec Raymond VI mais ses barons parviennent à l’en dissuader et pour la plupart, se détournent de lui. Ils partent en direction de Narbonne emportant sur un chariot les reste de Simon de Montfort jusqu’à Carcassonne où il sera inhumé à titre provisoire dans la cathédrale Saint Nazaire. Ils laissent derrière eux le Château Narbonnais en flammes.

30 juillet 1218 – le pape Honorius III demande aux prélats de préparer une guerre contre Raymond VI de Toulouse.

Cette demande ne sera suivi d’aucun effet. Les croisés ont abandonné le territoire au comte Raymond VI qui, sans être officiellement réinvesti dans ses droits seigneuriaux retrouve en peu de temps la quasi-totalité de ses territoires grâce à la ferveur de la population et au soutien de ses vassaux. Ne disposant plus que d’une faible escorte de fidèles, Amaury de Montfort s’est replié à Carcassonne, préférant céder au roi Philippe-Auguste ses droits sur les domaines attribués à son père, impuissant face la poussée des troupes de Raymond VI et de son fils Raymond le Jeune. Reste toutefois en suspens le titre de duc de Narbonne, jadis apanage de la Maison de Saint Gilles, c’est-à-dire des comtes de Toulouse et un moment convoité par l’archevêque Arnaud-Amalric au nom de la défense d’un patriotisme régional en gestation. Le roi de France en avait reçu l’hommage de Simon de Montfort en 1216 mais le départ des croisés de la région laisse, en fait, vacant l’exercice des droits inhérents au titre.

17 août 1218 – le pape Honorius III confirme à Amaury de Montfort la possession des biens conquis par son père sur les hérétiques en contrepartie d’un cens annuel de trois deniers payés à la cour romaine par chaque feu du pays.

Décembre 1218Alix de Montmorency, la veuve de Simon de Montfort arrive à Carcassonne où elle retrouve son fils Amaury, retranché dans la citadelle avec un petit groupe de fidèles. Elle est accompagnée de Bouchard de Marly et d’un contingent de croisés dont la venue permet au jeune comte de reprendre confiance.  

12 novembre 1218Raymond VII de Toulouse envoie son épouse Sancie d’Aragon à Nîmes renouveler les privilèges dont jouit la cité.

A l’aube de l’année 1219, cela fait déjà 25 ans qu’Aymeri III est vicomte de Narbonne. Agé de 47 ans il a épousé en 1210 Marguerite de Montmorency, un mariage qui lui a permis de forger des liens familiaux avec des familles seigneuriales du Nord de la France et d’établir même une proximité avec certains des membres les plus éminents de la croisade tels que Bouchard de Marly et surtout Simon de Montfort. Au cours de la décennie écoulée, son épouse a donné naissance à un fils Amalric et deux filles Marguerite et Ermengarde.

22 février 1219 – dans un acte établi à Palairac, l’abbé de Lagrasse confirme à Amaury de Montfort l’inféodation des châteaux appartenant à l’abbaye autrefois tenus en fief par les seigneurs de Carcassonne et leurs chevaliers.

L’arrivée de nouveaux renforts a permis à Amaury de Montfort d’effectuer une chevauchée d’entraînement à travers les Corbières dans une région qui, depuis qu’elle est placé sous la tutelle d’Alain de Roucy, connaît un calme relatif.

Mars 1219 - Evitant de passer par Toulouse, Amaury de Montfort retourne vers Marmande dont le comte déchu Raymond VI a pu reprendre possession dès l’automne précédent. Fortifiée par Richard de Cœur de Lion et offerte en dot au comte Raymond VI de Toulouse lors de son mariage avec Jeanne d’Angleterre, la ville qui passe pour être un haut lieu du catharisme, a constitué, depuis le début de la croisade des Albigeois, un enjeu de poids.  Elle est tombée en juillet 1212 aux mains de Robert de Mauvoisins, un des proches compagnons de Simon de Montfort puis, reprise deux ans plus tard par le comte Raymond VI, elle a, de nouveau, été conquise par les croisés  malgré la présence en Aquitaine du roi d’Angleterre Jean Sans Terre, beau-frère et allié du comte de Toulouse.

Printemps 1219bataille de Baziège

Partie de Carcassonne en direction de Marmande, une partie de l’armée levée par Amaury de Montfort que commandent Alain de Roucy, Foucaud de Berzy, le comte Hugues de Lacy et le vicomte Sicard IV de Lautrec fait face à Baziège au comte Raymond-Roger de Foix, alors que celui-ci achemine un convoi de ravitaillement vers Toulouse. Rapidement alerté, le jeune comte Raymond VII qui se rendait, de son côté, à Marmande fait demi-tour avec ses troupes pour aller prêter main forte au Comte de Foix. Les deux seigneurs comptent dans leurs rangs de nombreux seigneurs locaux dont un certain nombre de « faydits » parmi lesquels Chabert de Barbaira, Guillaume de Niort, Bernard-Amiel de Pailhès et Jourdain de Cabaret. La cavalerie dont disposent les armées méridionales, en la circonstance nettement supérieures en nombre, sème la panique parmi les colonnes à pied des croisés avant qu’elles ne soient anéanties par l’infanterie toulousaine.

2 juin 1219 Ayant quitté Paris le 16 mai, le prince Louis se présente devant Marmande à la tête d’une imposante armée composée de près de 600 chevaliers et de 10 000 archers. Il a également, à ses côtés, une vingtaine d’évêques et une  trentaine de comtes. Il y retrouve les compagnies d'Amaury de Montfort qui, depuis leur arrivée quelques semaines plus tôt, campent dans les environs, attendant impatiemment les renforts.

10 juin 1219 ne pouvant répliquer à la puissance des machines de guerre dont dispose l’armée du prince Louis, Centule d’Astarac qui commande la défense de Marmande est contraint de déposer les armes. Contre l’avis du légat Bertrand qui réclame sa tête, il obtient la vie sauve et celle de ses soldats mais ne peut empêcher les représailles auxquelles se livrent sans attendre les troupes du prince. La ville de Marmande est pillée avant d’être incendiée tandis que 5000 habitants sont massacrés.

En ravivant le souvenir du sac de Béziers perpétré dix ans plus tôt par les croisés de Simon de Montfort, les horreurs qui suivent la prise de Marmande suscitent la méfiance des populations à l’égard du prince Louis dont le comportement laisse présager le retour de violences certainement comparables à celles des années précédentes.

17 juin 1219 – les armées conjointes du prince Louis et d'Amaury de Montfort arrivent devant Toulouse. Informés des massacres commis quelques jours plus tôt lors de la prise de Marmande, les habitants de Toulouse ont renforcé leurs défenses, prêts à lutter contre l’armée royale comme un an plus tôt contre Simon de Montfort.

Disposant d’une armée supérieure en nombre, le prince Louis a aussi l’avantage de posséder un nombre important de machines de guerre. Il se heurte, toutefois, à la ténacité des Toulousains que sont venus renforcer plusieurs seigneurs faydits parmi lesquels Guilhem IV de Minerve et Jourdain Cabaret, le frère de Pierre Roger seigneur de Lastours et gendre de Guillaume de Durban.

Amaury VI de Montfort (1192-1241)
Propulsé à la tête de la croisade suite à la mort brutale de son père, Amaury de Montfort avait certes acquis une certaine expérience des champs de bataille après dix années à guerroyer sur les terres occitanes mais il lui manqua la vision stratégique et le charisme pour maintenir la confiance de ses chevaliers. Il ne put qu'assister impuissant à la reconquête expresse de ses territoires perdus par le comte Raymond VI de Toulouse. Privé, dès lors, de tous les droits seigneuriaux dont avait été investi son père Simon de Montfort, il ne put que s'en remettre à l'autorité du roi de France pour préserver le prestige de sa maison.
Tableau d'Henry Scheffer (1834)
Musée Historique du Château de Versailles

1er août 1219
– face à la défense acharnée des Toulousains et malgré les supplications d’Amaury de Montfort et du légat Bertrand, le prince Louis reconnait son échec et décide de lever le siège de la ville, justifiant sa décision par l’expiration de la quarantaine. Il laisse, toutefois, un contingent de 200 chevaliers à la disposition d’Amaury de Montfort.

Raymond VII peut, en revanche, se féliciter d’une victoire d’autant plus symbolique qu’elle met un frein définitif à l’esprit de la croisade. Bien que toujours revêtu du titre de Comte de Toulouse, Amaury de Montfort se retrouve isolé, sans même disposer de repère sur son propre avenir dans les terres du Midi. Il part vers Castelnaudary retrouver Hugues II de Lacy, proche conseiller de Simon de Montfort qui avait dû quitter ses terres d’Irlande suite à ses démêlés avec le roi d’Angleterre Jean Sans Terre. Devenu depuis 1211 seigneur de Laurac et de Castelnaudary, Hugues de Lacy doit alors faire face aux agissements du Comte de Foix qui, depuis la levée du siège de Toulouse, a envoyé ses troupes dans le Lauragais y voler du bétail et enlever des paysans.   

30 octobre 1219 - Amaury de Montfort fait halte à Castelnaudary où il est accueilli par Hugues II de Lacy, proche conseiller de son père connu pour son audace, avant de poursuivre sa route vers Carcassonne où il s'apprête à passer l'hiver. 

Issu d'une famille rattachée à la noblesse anglo-normande, Hugues II de Lacy (c.1176-1242), ancien comte d'Ulster, avait été chassé de ses terres d’Irlande en raison de ses démêlés avec le roi d’Angleterre Jean Sans Terre. Il avait choisi de rejoindre la croisade avec la volonté d'affronter le comte Raymond VI, allié du roi d'Angleterre. Il n'avait, d'ailleurs pas tardé, à prendre sa revanche sur son ennemi en mettant en déroute le sénéchal de Jean Sans Terre Savary de Mauléon devant Castelnaudary. C'est une des raisons pour lesquelles il avait été gratifié en 1211, en échange, des seigneuries de Laurac et de Castelnaudary. Le vent à tourné depuis. Ne disposant que d'une poignée fidèles, il lui faut faire face aux agissements du Comte de Foix qui, depuis la levée du siège de Toulouse, a envoyé ses troupes dans le Lauragais y voler du bétail et enlever des paysans. 

1219 – les prudhommes de Bourg fondent à Narbonne une société appelée l’Amistance regroupant toutes les catégories sociales dans le but de défendre leurs intérêts contre les exactions commises par les seigneurs locaux. Ils font ensemble « la promesse de défendre envers et contre tous leurs biens et privilèges sauf le droit légitime de l’Eglise et des sieurs archevesques et vicomtes. »

2 janvier 1220 - Dans un acte daté de Béziers, Amaury de Montfort promet de remettre à Aymeri, vicomte de Narbonne le château de Lézignan alors occupé par son oncle Gui, sous peine de devoir lui verser la somme de 300 livres Melgueil si la cession n'a pas eu lieu avant le jour de Pâques (29 mars). 

5 février 1220 - le légat pontifical Conrad d'Urach stipule dans une charte établie à Carcassonne que "toutes les terres et les revenus qu'Amaury, duc de Narbonne, comte de Toulouse, seigneur de Montfort et ses barons ont donné à l'Ordre de la Foi de Jésus sur le territoire de Narbonne lui reviendront ainsi qu'aux autres donateurs".

Issu d'une puissante famille comtale de Souabe, Conrad d'Urach (c.1177-1227) a choisi jeune la vie monastique. Il a rapidement gravi les échelons au sein de l'ordre cistercien jusqu'à devenir abbé de Citeaux en 1217. Nommé deux ans plus tard cardinal évêque de Porto par le pape Honorius III, il a été peu après nommé légat en France en raison notamment de ses liens avec les Frères Prêcheurs de Dominique de Guzman.

L'Ordre de la Foi de Jésus ne sera reconnu officiellement qu'un an nplus tard. Prenant comme modèles les Templiers chargés de combattre les Arabo-musulmans en Terre Sainte, ce nouvel ordre s'est fixé comme objectif de lutter contre l'hérésie dans le pays de Narbonne, partant du constat de complicités vivaces entre les milieux ecclésiastiques locaux et les cathares. C'est à la même époque que les Frères Prêcheurs tentent de fonder un établissement dans le quartier de Bourg mais ils en sont rapidement chassés par les habitants eux-mêmes, leur sympathie penchant majoritairement du côté des cathares. Il en est de même pour les Franciscains qui, victimes eux aussi, de la méfiance qu'inspirent aux  Narbonnais les ordres religieux sont expulsés peu de temps après leur installation en ville. 

Printemps 1220 - chassé de Béziers, le légat Conrad d'Urach se réfugie à Narbonne auprès de l'archevêque Arnaud-Amalric, cistercien comme lui.

13 juillet 1220 Amaury de Montfort fait le siège de Castelnaudary. Son frère Guy, comte de Bigorre est tué à l'âge de 25 ans, le 23 juillet, au cours d’un engagement. Le corps est transporté jusqu'à Carcassonne pour y être inhumé à titre provisoire dans la cathédrale Saint Nazaire où repose déjà Simon de Montfort

Reprise à l’automne précédent à Hugues de Lacy par Raymond le Jeune, la ville résiste au fil des mois à l’armée croisée jusqu’à ce que le 10 mars 1221, Amaury de Montfort se décide à lever le siège après avoir vainement attendu des renforts venus du nord. Il part se replier à Carcassonne.  

1er septembre 1220 – le comte Raymond VI et son fils Raymond le Jeune autorisent les consuls de Toulouse à organiser des représailles contre les « malefactores », c’est-à-dire ceux qui ont collaboré avec les croisés. Sont particulièrement visés ceux quoi ne parlent pas l’occitan, le français étant considéré comme une langue étrangère.

L’archevêque de Narbonne Arnaud-Amalric a été dès 1215, le premier à défendre un particularisme occitan à un moment où il été désinvesti du titre de duc de Narbonne au profit de Simon de Montfort. D’origine catalane, voire même possédant des liens familiaux avec la famille vicomtale de Narbonne, il a, de la sorte, acquis une certaine reconnaissance après avoir été à l’origine des nombreuses atrocités commises contre les cathares dans les premières années de la croisade.

 6 septembre 1220 - Amaury de Montfort confirme à Pierre Amiel, archidiacre de Narbonne et camérier de Béziers la possession dans cette dernière ville de plusieurs maisons confisqués à Guillaume et Raymond de Lespignan. 

Septembre 1220 - le pape Honorius III exige des services de l'archevêque Arnaud-Amalric de Narbonne de se mettre à la disposition du légat Conrad von Urach pour lutter contre les hérétiques.  

17 octobre 1220 – le légat Conrad fonde la faculté de Médecine de Montpellier.