Hiver 1212 – malgré la trêve hivernale, Simon de Montfort n’a d’autre choix que de poursuivre ses opérations dans l’Albigeois depuis qu’une à une, les cités dont il s’est emparé quelques mois plus tôt, se sont soulevées en faveur du Comte de Toulouse et ses alliés les comtes de Comminges et de Foix. Ceux-ci tiennent à nouveau plusieurs places fortes. Pour Simon de Montfort, tout est donc à recommencer. Il bénéficie, en revanche, du soutien indéfectible, quoiqu’intéressé, de l’évêque d’Albi Guillaume Peyre. Les villes de Gaillac et de Rabastens sont âprement disputés. Au mois de mars, il tente de faire le siège du château de Saint Marcel que défend Guiraud de Pépieux mais doit rebrousser chemin à la hâte devant l’arrivée de l’armée du comte de Foix. Trop peu nombreux, n’étant tout juste qu’une centaine et à court de ravitaillement, les croisés se replient vers Albi le 24 mars.
Deux jours plus tard, Simon de Montfort prend la route de Gaillac ayant appris que Raymond VI vient d’y installer ses quartiers. Mais là encore, il n’a à sa disposition que peu de chevaliers pour envisager d’assiéger la ville. Bredouille, il retourne bredouille à Albi. Le 5 avril, il lance une nouvelle opération, cette fois ci en direction d’Hautpoul, une citadelle surplombant Mazamet, décrite comme un castrum cathare. Après quatre jours de siège, les habitants profitent du bouillard pour fuir la cité, l’abandonnant à Simon de Montfort qui fait exécuter les rares occupants et raser les murs du château avant de se diriger vers Sorèze.
Bien qu’il soit peu à peu parvenu à faire valoir son autorité sur les Comtés de Carcassonne, du Razès, d’Albi et de Béziers, Simon de Montfort doit reconnaître que son pouvoir ne s’installera dans le temps que lorsqu’il se sera rendu maître du comté de Toulouse. Mais quelle sera, enfin, la bonne stratégie sachant que les excommunications et les interdits qui ont frappé à répétition le comte Raymond VI n’ont fait que renforcer le soutien de sa population et plus spécifiquement des membres les plus éminents de la noblesse occitane. Simon de Montfort doit même reconnaître qu’il a échappé de peu à une véritable correction lorsqu’assiégé dans Castelnaudary, il risquait d’être pris au piège face aux armées du comte de Toulouse avant que celui-ci ne renonce par excès de prudence. Il lui a, de plus, fallu résoudre les problèmes financiers auxquels il avait très vite été confronté. Il a, toutefois, pu compter, pour cela, sur le concours avisé de Raimond de Salvanhac dit de Cahors, un riche marchand, ancien consul de Montpellier, qui a figuré parmi les grands contributeurs financiers de la croisade. Simon de Montfort a surtout dû s’accommoder des défections, toujours plus nombreuses au fur et à mesure que s’est estompé l’esprit des croisades. En ce début d’année et malgré l'appui de quelques renforts arrivés du Nord, il n’a à sa disposition qu’une poignée de chevaliers, des fidèles, certes, mais peu nombreux et une maigre compagnie de piétons.
Depuis son accession au trône papal, Innocent III n’avait cessé de s’inquiéter du comportement de l’archevêque Bérenger, confiant à ses légats, Pierre de Castelnau d’abord puis Arnaud-Amalric, sa véritable mise sous surveillance. Accusé par ces derniers de complaisance envers les cathares puis condamné, de fait, pour simonie, un abus que trop habituel du pouvoir incombant aux évêques et qui, le concernant, aurait eu pour conséquence de favoriser l’hérésie, Bérenger de Barcelone avait, de plus, été blâmé pour mener une vie dissolue et s’adonner à la luxure. Mais, malgré des demandes de destitution et les menaces venues du pape lui-même, le prélât était non seulement parvenu à se maintenir en place mais s’était régulièrement insurgé contre les critiques, n’hésitant pas à faire le voyage jusqu’à Rome pour défendre son ministère. Rappelons simplement qu’il avait le privilège d’être l’oncle du roi Pierre II d’Aragon mais qu’il avait aussi bien compris qu’il était essentiel, en sa qualité de métropolitain, de conserver son autorité sur le clergé séculier face aux ambitions hégémoniques du pape et aux manipulations douteuses de ses émissaires. Bien qu’on ne possède, en fait, aucune information précise sur ce qui est arrivé à l’archevêque Bérenger en ce début d’année 1212, on a opportunément évoqué sa destitution, de manière à faire valoir la victoire finale du pape sur ce prélât intraitable quant à la nature de ses prérogatives mais il parait, en fait plus probable, que parvenu à l’âge de 72 ans, il se soit, plus simplement, éteint de sa belle mort.
La nomination du légat Arnaud-Amalric à la dignité d’archevêque de Narbonne va rapidement bouleverser le climat de neutralité qu’a tenté de préserver le vicomte Aymeri III, face aux excès de la croisade contre les cathares. Le constat est, en effet, sans ambiguïté. Arnaud-Amalric est bien celui qui a ordonné le massacre de Béziers et fait ériger la plupart des bûchers sur lesquels ont péri les cathares par centaines alors que ceux-ci n’étaient, en fait, que des gens du même pays. Pour les Narbonnais, le souvenir de Minerve ne passe toujours pas, car ils ne pouvaient imaginer, en allant se plaindre à Simon de Montfort du comportement du seigneur Guilhem IV, que ce seraient plus de cent innocents qui allaient le payer de leur vie en périssant par les flammes.
13 mars 1212 - le pape Innocent III accorde, par décret, au nouvel archevêque Arnaud-Amalric le titre de Duc de Narbonne. Cette décision qui constitue, au passage une véritable usurpation au détriment de la famille comtale de Toulouse, permet à l’Eglise de devenir un acteur majeur du pouvoir temporel faisant, de ce fait, d'Arnaud-Amalric le suzerain du vicomte Aymeri III. Pour ce dernier, il s’agît d’un véritable camouflet destiné à sanctionner son manque d’implication dans la croisade. Mais c’est du côté de Simon de Montfort que va venir la réaction la plus vive car, lui aussi, revendique le titre de duc de Narbonne au nom des droits qui lui ont été concédés. La ville de Narbonne qui, depuis le début de la croisade, avait su conserver son rang de pôle commercial régional grâce à une habile neutralité voit désormais d’un très mauvais œil le pouvoir passer peu à peu aux mains des représentants les plus radicaux de l’Eglise que sont les cisterciens.
25 mars 1212 – Le légat Arnaud-Amaulric, désormais archevêque de Narbonne est présent à Albi pour la fête de Pâques. Il y retrouve, en cette occasion Simon de Montfort et Guy des Vaux de Cernay, le nouvel évêque de Carcassonne.
2 mai 1212 – Arnaud-Amalric est officiellement consacré archevêque de Narbonne. Présent à la cérémonie, l'évêque de Carcassonne, Guy des Vaux de Cernay, un ami intime de Simon de Montfort, reçoit le pallium en cette occasion. Figurent également parmi les invités le jeune Amaury, fils de Simon de Montfort et son oncle Guy de Montfort (? -1224).
Mai 1212 – au cours de son séjour à Narbonne, le fils de Simon de Montfort, Amaury, dégrade, par imprudence une fenêtre du vieux palais vicomtal. Dans le climat de tension qui règne dans la ville depuis la destitution de l’archevêque Bérenger, cet incident provoque une véritable émeute. Amaury de Montfort doit se réfugier dans la commanderie du Temple tandis que Guy de Montfort, son oncle, est assiégé dans l’archevêché. Les habitants de Narbonne, en majorité hostiles à la croisade, s'emparent de cet incident pour afficher leur colère. Ils prennent violemment à partie les membres de la suite des Montfort. Deux de leurs écuyers périssent dans la mêlée, provoquant une indignation contre « la rage des méchants ».
22 mai 1212 – le nouvel archevêque de Narbonne Arnaud-Amalric répond à l’appel du roi Pierre II d’Aragon enjoignant à son vassal Simon de Montfort de se joindre à la campagne militaire qu’il prépare contre les Almohades. Arnaud Amaury prend le chemin de l’Espagne accompagné de cent chevaliers et de fantassins qu’il a prélevés à Montfort. Arrivé à Tolède dès le 3 juin, il y est reçu par le roi Alphonse VIII et l'archevêque Jimenez de Rada.
3 juin 1212 - Simon de Montfort est reparti en campagne avec, pour objectif, de reprendre à Raymond VI de Toulouse les territoires qu’il avait réoccupé l’année précédente, bien qu’il en ait été dépossédé par décision du pape Innocent III. Après être passé par Agen pour y recevoir la soumission de la ville, Montfort arrive devant la forteresse de Penne d’Agenais, édifiée quelques années plus tôt par Richard Cœur de Lion lors de querelles frontalières entre les rois d’Angleterre et les comtes de Toulouse. Celle-ci est défendue par Hugues d’Alfaro, le gendre de Raymond VI. Simon de Montfort assiège sans résultat la forteresse réputée imprenable.
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| Les seigneuries occitanes en 1212 |
16 juillet 1212 – tandis que Simon de Montfort est bloqué devant Penne d’Agenais, la coalition formée à l’initiative du pape Innocent III, à laquelle se sont unis tous les royaumes chrétiens de la péninsule ibérique parvient à Las Navas de Tolosa, non loin de Jaen, après s’être emparée de plusieurs places fortes tenues par les musulmans. Sont présents les rois Alphonse VIII de Castille, Pierre II d’Aragon, Alphonse II de Portugal et Sanche VII de Navarre. Les Hospitaliers, les Templiers et plusieurs contingents étrangers sont venus grossir les rangs de cette armée qui compte plusieurs dizaines de milliers d’hommes. Le pape est représenté par son légat Arnaud-Amalric, le nouvel archevêque de Narbonne, déjà réputé pour son rôle lors de la croisade contre les Albigeois. Il est dit que le vicomte Aymeri III de Narbonne, est engagé aux côtés des rois de Castille, d’Aragon et de Navarre avec lesquels il partage des liens familiaux. Aucune preuve formelle ne vient, cependant, étayer cette possibilité. L’émir Almohade Yaqub ben Yusuf dispose, quant à lui d’environ 30 000 hommes : des contingents berbères andalus et africains, des membres de tribus nomades mais aussi des mercenaires turcs nommés les « guzz ».
La dynastie des Almohades – ce mouvement berbère transtribal apparu au milieu du XIIème siècle dans le massif des Trara, au nord-ouest de l’Algérie, est parvenu, en deux décennies, à supplanter les Almoravides, une autre dynastie transtribale davantage implantée dans l’ouest du Maroc. Prônant une radicalité religieuse qui se veut plus proche des préceptes de Mahomet, les Almohades dont le premier calife Abd al-Mu’min, revendiquait une vision rigoriste de l’Islam, se sont emparés, les unes après les autres, de toutes les cités almoravides du Maghreb, n’hésitant pas à massacrer les populations qui tardaient à se soumettre. Dès 1172, Al Andalous est entièrement passé sous la domination des Almohades. Bien décidés à relancer la lutte contre les chrétiens, ceux-ci ont repris, la même année, la ville de Murcie, abandonnée 30 ans plus tôt par les Almoravides. En 1189, par souci de temporisation, les Castillans signent avec les Almohades une trêve de 5 ans, laissant, en fait, à ces derniers le champ libre pour combattre, à l’ouest de la péninsule, les offensives portugaises. Mais à peine cette trêve est-elle arrivée à son terme qu’Alphonse VIII de Castille provoque le calife Yusuf’Yaqub al-Mansour en envoyant son armée ravager la région de Séville. En réponse, le chef Almohade masse ses troupes dans l’objectif d’une confrontation avec les forces castillanes. La bataille s’engage le 19 juillet 1195 à Alarcos, près de Tolède. Malgré le renfort d’Alphonse IX de Léon et Sanche VII de Navarre, trop lourdement armée, la cavalerie castillane conduite par Alphonse VIII, commence à fléchir en raison notamment de la chaleur. Harcelée par les archers et les frondeurs almohades, elle ne peut longtemps résister aux assauts de la cavalerie légère arabe. Contraint de reconnaître sa défaite, le roi Alphonse VIII doit payer une rançon pour obtenir la libération de des chevaliers retenus en otages. Cette bataille qui marque un coup d’arrêt à la Reconquista permet surtout aux Almohades de nourrir de nouvelles ambitions territoriales du côté des royaumes chrétiens de la péninsule ibérique. C’est dans cette dynamique victorieuse qu’ils s’emparent, en 1203, des Baléares où se sont réfugiés les derniers Almoravides se créant désormais un nouvel espace pour aller attaquer les terres chrétiennes.
Bien qu'ils aient été mis en difficulté dès le début des assauts face aux manœuvres rapides de la cavalerie arabo-musulmane, les rois de Castille et du Portugal soutenus par l’archevêque de Tolède Jimenez de Rada parviennent à enfoncer les lignes berbères à la suite d’une puissante charge de cavalerie conduite par Alphonse VIII en personne. Cette opération sème la panique parmi les troupes almohades qui lâchant pied, prennent la fuite entraînant avec elles l’émir lui-même et sa garde personnelle. La victoire est totale pour les forces chrétiennes qui l’attribuent à une intervention miraculeuse de Notre Dame de Rocamadour. Cet épisode marque de façon symbolique le début de la Reconquista tout en déstabilisant de façon définitive la dynastie des Almohades.
Le vicomte Aymeri III était-il vraiment présent à La Navas de Tolosa? Bien que plausible, étant donné ses ascendants familiaux, majoritairement espagnols tant castillans par son père que navarrais par sa mère, cette hypothèse n'est, cependant, pas confirmée. Les sources restent délibérément muettes à ce sujet mais sont-elles seulement fiables? C'est en effet le nouvel archevêque de Narbonne, Arnaud Amaury qui fait de la bataille le compte-rendu le plus circonstancié mais autant il se félicite de la participation de chevaliers venus de la plupart des régions de France, il n'a jamais un seul mot pour le vicomte Aymeri. Est-ce bien du fait de son absence ou le résultat d'une rivalité devenue frontale entre le seigneur temporel de Narbonne qu'est le vicomte et l'archevêque dont le dessein, à peine dissimulé, est de placer sous sa tutelle la totalité de sa seigneurie. Arnaud Amaury ne s'est-il pas attribué, sans respect pour les usages féodaux, le titre de duc de Narbonne, une façon pour lui de montrer sa force tout en rappelant la crainte qu'il doit inspirer à tous ceux qui osent se mettre en travers de ses ambitions. Dans ce contexte, sauf à se comporter en héros, Aymeri III eut été condamné à rester cantonné dans un rôle de figurant. Peut-être n'est-il, en fait, que resté cloitré dans son modeste palais narbonnais jouxtant celui de l'archevêque, perdu en conjectures. Une chose est sûre, cependant, c'est qu'il récolte, peu à peu, les fruits amers d'une neutralité à tout crin et qu'il va lui falloir, à un moment ou un autre, choisir son parti.
23 juillet 1212 – Simon de Montfort parvient à s’emparer de la forteresse de Penne d’Agenais après 50 jours de siège. Impitoyable, il ordonne que soit brûlés vifs les 74 cathares qui ont trouvé refuge dans la forteresse et inflige le même supplice à Hugues d’Alfaro qui en a assuré la défense. Cette brutalité connaît un tel retentissement que de nombreux seigneurs gascons viennent rendre hommage à Simon de Montfort, tout comme les habitants d’Agen qui s’empressent de lui prêter serment de fidélité.
Août 1212 – L'archevêque-légat de Narbonne Arnaud-Amalric reste en Castille afin de mener aux côtés des rois Alphonse VIII et Pierre II d'Aragon une croisade antialmohade. Convaincu d'agir "Au nom de Dieu", ce cistercien d'origine aragonaise n'a plus rien à prouver depuis qu'il a organisé avec un sang froid implacable la chasse aux hérétiques dans le Comté de Toulouse et, sans aucune arrière-pensée, leur éradication de la façon la plus cruelle qui soit. Il semble que, sans se préoccuper du sort des populations, comme c'est le cas à Ubeda où la ville est ravagée, il a ressenti une véritable jubilation à l'idée de combattre les Infidèles même si l'intervention des forces hispaniques n'ira pas au-delà de Cuenca. Quant au pape, il suit jour après jour, les compte-rendu que lui fait parvenir Arnaud Amaury
On a dit que l'insistance avec laquelle de l'archevêque de Narbonne s'était mobilisé pour mener la lutte contre les Almohades avait pour but d'éloigner le roi Pierre II d'Aragon
Cette participation Raymond de Cahors obtient le concours de marchands montpelliérains pour remettre au pape Innocent III le don de mille marcs d’argent que Simon de Montfort lui-même s’était engagé à verser dès le début de la croisade.
11 septembre 1212 – Raymond de Cahors obtient le concours de marchands montpelliérains pour remettre au pape Innocent III le don de mille marcs d’argent que Simon de Montfort lui-même s’était engagé à verser dès le début de la croisade.
14 septembre 1212 – investi des droits et possessions de Raymond VI sur Moissac, Simon de Montfort s’en voit reconnaître l’attribution grâce à Dieu lui-même par l’abbé Raimond avec lequel il organise le partage du territoire de la ville. Il a laissé, au préalable, ses troupes piller l'abbaye bénédictine.
Octobre 1212 – Visant à isoler Raymond VI dans sa ville de Toulouse, Simon de Montfort poursuit la reconquête de son comté. Il s'empare de la cité de Muret avant de s’arrêter à Saint Gaudens où il reçoit le serment des nobles de Gascogne et de Comminges.
Novembre 1212 - Simon de Montfort réunit à Pamiers une assemblée d’évêques, de seigneurs et bourgeois de ses nouveaux états du Razès sur le modèle des " Assises de Jérusalem " qui, le 1er décembre, promulgue des statuts confirmant la mainmise des chevaliers du nord sur les états du comte de Toulouse et la suzeraineté du roi de France sur ses terres. Il établit les coutumes que l’on devra désormais suivre dans le pays qu’il a conquis sur les hérétiques et rétablit les privilèges ecclésiastiques telles que l’exemption des tailles et des péages. Du côté des fidèles, l’assistance à la messe dominicale est désormais obligatoire sous peine d’amende ; les marchés sont aussi interdits le dimanche sous peine d’amende. Quant aux hérétiques, ils doivent être pourchassés et punis, au même titre que ceux qui leurs accorderaient le refuge.
Novembre 1212 - Fort de sa récente victoire sur les armées musulmanes, le roi Pierre II d'Aragon envoie deux ambassadeurs à Rome afin de soumettre au pape Innocent III un plan de paix pour l'ensemble de la région occitane. Celui-ci suggère d'écarter l'actuel comte Raymond VI de Toulouse au profit de son fils et de rendre à ses propriétaires les terres que leur ont confisqué les croisés. Le jeune prince héritier serait confié au roi d'Aragon dans l'attente du règlement du conflit. En s'affichant comme un promoteur de la paix, Pierre II savait qu'il lui fallait impérativement freiner les appétits territoriaux des croisés qui, s'ils venaient à s'emparer en totalité du Comté de Toulouse replaceraient toutes les principautés méridionales sous la suzeraineté du roi Philippe Auguste, ce qui constituerait, alors, une réelle menace pour ses propres intérêts. Le souverain pontife se laisse séduire par cette proposition capable, selon lui de recentrer l'esprit des croisades sur le seul objectif qui vraiment prioritaire, à savoir la lutte contre les Infidèles, reconnaissant au passage, les exactions commises par les croisés.


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