3 février 1209 – le pape Innocent III reconnaît que la pieuse obstination dont font preuve ses missionnaires et ses prêcheurs, depuis de nombreuses années, n'a pas ralenti la progression de l'hérésie "cathare" sur les terres du Comte de Toulouse. Il exige, en conséquence, qu'y soient éliminés, sans attendre, tous ceux qui s'affranchissent des règles fixées par l'Eglise et exhorte, sous peine de sanctions, les fidèles à se croiser. Il demande au roi Philippe-Auguste de prendre la tête de l’expédition à laquelle il donne le nom d’ « Affaire de la Paix et de la Foi » (Negotium pacis et fidei). Il accorde, en outre, à tous ceux qui s’engagent les mêmes faveurs qu’à ceux qui sont allés combattre en Terre Sainte.
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| Les seigneuries d'Occitanie au début de l'année 1209 |
18 Juin 1209 – le légat Milon invite le comte Raymond VI à se rendre à Saint Gilles pour une ultime réunion de conciliation. Les conditions qui lui sont imposées sont très dures mais le comte de Toulouse n’a d’autre choix que de répondre à cette convocation sachant que c’est, en quelque sorte, le rendez-vous de la dernière chance. Il doit livrer sept châteaux et renoncer à ses droits sur le comté de Melgueil, désormais attribués à l’Eglise. Le légat exige aussi que les consuls des diverses villes, les barons et toutes les personnes concernées, dans le comté de Toulouse par les problèmes de paix et de foi se portent caution pour Raymond VI. Un seul manquement à ces engagements signifierait l’excommunication du comte et libérerait ses vassaux de tous leurs serments et de leurs obligations de fidélité.
Pour un aristocrate de haut rang comme Raymond VI, ces conditions ne sont rien d’autre qu’une terrible humiliation mais il est seul face à 3 archevêques et 12 évêques accusateurs qui voient alors l'opportunité d'ajouter à leur hégémonie spirituelle une nouvelle puissance temporelle. Le comte de Toulouse accepte, malgré lui, les conditions, se répétant que jamais, il ne viendra se battre contre ses propres sujets. Il lui faut pour cela gagner du temps, mais le pourra-t-il seulement alors qu’une formidable armée descendant du Nord risque de renverser l’art de vivre qu’ont célébré tout au long du siècle écoulé poètes et troubadours. Gagner du temps, mais comment? Il accepte de prendre part à la croisade en préparation, espérant un hypothétique rôle de médiation. C'est donc pieds et torse nus qu'il se présente devant le porche de l'église de Saint Gilles pour y faire pénitence avant d'être flagellé en public.
1209 – Pierre III de Saissac (1188-1243), fils du baron Bertrand de Saissac, récemment décédé, et d'Ava de Fenouillet rend hommage au vicomte Aymeri III de Narbonne pour son château de Fenolhet et la seigneurie de Fenouilhèdes. Il est accompagné pour la circonstance du diacre cathare Arnaud de Fenolhet. Du côté des Saissac aussi bien que des Fenouillet, nul ne cache sa proximit avec les cathares.
22 juin 1209 – le comte Raymond VI de Toulouse se trouve dans l’obligation de se mettre durant 40 jours au service des croisés dans le cadre de l’Ost, une disposition qu’il lui faut aussi assumer depuis qu’il a accepté de se placer sous la surveillance des légats du pape. Le même jour, les habitants de Villemur du Tarn qui abritent une centaine de Parfaits et de Parfaites cathares, choisissent de mettre le feu à leur cité de peur que leur vie ne soit mise à prix lors de la venue des croisés.
24 juin 1209 – l’armée des croisés quitte Lyon. On estime qu’elle compte entre 15 000 et 20 000 hommes, si l'on inclut tous les métiers liés à une telle mobilisation et plus de 500 chevaliers venus d’Ile de France, d’Anjou, du Poitou, de Bourgogne ou d’Auvergne. On compte aussi des combattants venus d’Allemagne du Nord et du Sud et d’autres encore venus de Lombardie. Le légat Arnaud Amalric en est à la tête, secondé par le duc Eudes III de Bourgogne et le comte de Nevers Hervé IV de Donzy. Figurent aussi Gaucher III de Chatillon, Comte de Saint Pol ; Simon de Montfort (1160-1218), comte de Leicester, escorté par l’abbé Gui des Vaux de Cernay, son conseiller et ami ; Milon IV de Puiset, comte de Bar ; Guichard IV, seigneur de Beaujeu ; Gaucher de Joigny, seigneur de Château-Renard ; Pierre II de Courtenay, comte d’Auxerre ; Enguerrand de Marle, seigneur de Coucy ; Guy 1er de Lévis, Bouchard 1er de Marly, Robert II de Mauvoisin ou encore Alain de Roucy, Gaubert d’Essigny, Amaury et Guillaume de Poissy. De nombreuses personnalités ecclésiastiques se sont jointes à la croisade, telles que l’évêque de Sens Pierre de Corbeil ; l’évêque d’Autun Gauthier II ; l’évêque de Clermont Robert d’Auvergne et l’évêque de Nevers Guillaume de Saint Lazare. Le pape Innocent III a pris la précaution de promettre à ceux qui ont pris les armes les mêmes indulgences que lors des croisades en Terre Sainte, donnant à cette expédition dans le sud de la France un caractère sacré. Le fait d’assimiler la doctrine cathare à un crime de lèse-majesté envers Dieu légitime le sort qui doit être réservé aux hérétiques, à savoir la peine de mort.
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| Les grandes seigneuries d'Occitanie au début du XIIIème siècle |
12 juillet 1209 - les croisés traversent Montélimar. Au même moment, une autre armée conduite par l’archevêque de Bordeaux Guillaume II Amanieu, les évêques de Cahors, de Limoges, du Puy et d’Agen, à laquelle participent aussi le comte Guy II d’Auvergne et le vicomte Raimond III de Turenne poursuit ses opérations dans l’Agenais. L'hérésie cathare s’y est considérablement développée à partir du moment où la province est passé sous la suzeraineté du comté de Toulouse après avoir été offerte en dot à Jeanne d’Angleterre par son frère le roi Richard Cœur de Lion, à l’occasion de son mariage avec Raymond VI.
Après avoir copieusement ravagé et pillé le Marmandais, les croisés menés par l’archevêque de Bordeaux ont pour objectif de faire tomber la cité de Casseneuil que commande Seguin de Balencs et qui sert de refuge à de nombreux cathares. Le comte Guy refuse dans un premier temps d’assiéger la ville après avoir reçu de l’argent des habitants mais l’impétueux Guillaume Amanieu ne l’entend pas de cette oreille. Il exige, pour lever le siège, que les cathares abjurent. Ceux-ci refusent, cependant, dans leur majorité de renoncer à leur foi. Furieux d’une telle obstination, l’archevêque de Bordeaux condamne les hérétiques à l’enfer et fait ériger un bûcher où périront les réfractaires. On ignore combien ce tout premier bûcher fit de victimes mais le Canso, poème anonyme de l’époque raconte que « Maintes belles hérétiques…furent jetées aux flammes ».
C'était la première fois, dans les terres méridionales, que des hérétiques étaient condamnés à périr par le feu alors que ce type d'exécution était, en revanche, assez courant dans le nord du royaume et dans les Flandres sans que les populations ne s'en émoient. Dans le midi, les sanctions pour hérésie se traduisaient généralement par le bannissement et la confiscation des biens.
19 juillet 1209 – les croisés passent Montpellier sans heurt, la ville relevant du roi Pierre II d’Aragon, fidèle soutien du pape Innocent III. Ils prennent la route de Béziers, première ville connue pour abriter une forte communauté cathare.
21 juillet 1209 – les croisés arrivent devant Béziers. Par opportunisme mais aussi défiance envers le vicomte Raimond-Roger Trencavel, certains seigneurs biterrois font le choix de se soumettre, à l’instar d’Etienne de Servian. Le vicomte de Béziers tente de négocier avec le légat Arnaud-Amalric des conditions similaires à celles qu’a acceptées son oncle Raymond VI de Toulouse mais on ne lui pardonne pas d’avoir littéralement abandonné ses seigneuries aux hérétiques. Arnaud-Amalric exige que lui soient livrés les cathares mais, du haut de leurs remparts, les Biterrois, se sentant protégés, narguent le légat et ses croisés. L’évêque de Béziers Renaud de Montpeyroux tente bien une médiation en soumettant une liste de 222 hérétiques mais Arnaud-Amalric prend la décision d’investir la cité. Il demande alors à l’évêque et à tous les catholiques de quitter la ville au plus vite. Ils ne sont que quelques-uns à partir. Le vicomte Raimond-Roger Trencavel part pour Carcassonne après avoir promis d’envoyer une armée de secours.
22 juillet 1209 – Surs d’eux, les Biterrois s’apprêtent à résister à un siège d’au moins 40 jours mais, impatients d'en découdre, certains font preuve d’imprudence en allant directement provoquer les croisés. Ceux-ci en profitent pour se lancer à leur poursuite jusqu’aux portes de la ville où les aventureux se replient dans le plus grand désordre. Commence alors un véritable carnage. Les habitants sont massacrés (gran mazel), y compris ceux qui se sont réfugiés dans les églises. La ville est livrée au pillage et incendiée. La nouvelle va vite se répandre dans toute l’Europe. On estime que c’est la moitié de la population qui a été tuée, soit environ 4000 personnes. A qui en incombe la responsabilité ? Les barons prétendent avoir été débordés par leurs ribauds, des hommes sans solde qui se sont mis à leur service en quête de butin tandis que pour nombre de chevaliers, l’expédition approche de son 40ème jour, censé annoncer la fin de leur engagement. Pour contenir le risque de défections, le pape Innocent III réinstaure habilement la dîme dite "saladdine" qui condamne à un impôt supplémentaire tous ceux qui renonceraient à la croisade.
*Selon le moine cistercien Césaire d’Histerbach qui a relaté
les faits quelques années plus tard, Arnaud Amaury aurait plutôt crié
« Massacrez-le, car Dieu reconnaît les siens ». La tradition quelque
peu arrangé les paroles.
25 juillet 1209 – Alors que l’armée croisée passe à Capestang, l’archevêque Bérenger et le vicomte Aymeri III viennent lui présenter la soumission de Narbonne, s’engageant à lui fournir des armes et des vivres. Jusque-là très controversé étant donné son attitude parfois conciliante envers les cathares, Bérenger n'a désormais d'autre choix que de prêter serment à Arnaud-Amalric et aux chefs de l’armée croisée. Quand à Aymeri, il se voit reprocher une neutralité que l'on assimile à de la complicité, bien qu'il figure au rang des grands bienfaiteurs de l’abbaye cistercienne de Fontfroide, réputée pour sa proximité avec la papauté. Pressé par le duc de Bourgogne et le comte de Nevers, il se range officiellement du côté de l’Eglise. Il a, au préalable, pris la précaution de créer un "certificat d'orthodoxie", document permettant d'accueillir chez soi un étranger, punissant, en revanche, de façon très sévère ceux de ses sujets qui protègeraient des hérétiques.
1er août 1209 - les croisés entament le siège de Carcassonne. La ville où vivent d’ordinaire environ 4000 habitants accueille, à ce moment, de nombreux paysans venus s’y réfugier par peur de représailles. Suivant les conseils de son second Pierre-Roger Cabaret, le vicomte Raimond-Roger Trencavel ne prend pas le risque d’un affrontement direct avec l’armée croisée. Il attend la venue de son suzerain le roi Pierre II d’Aragon, censé lui prêter secours.
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| L'implantation Aragonaise dans le sud de de la France au début du XIIIème siècle |
6 août 1209 – le roi Pierre II d’Aragon se présente en médiateur devant Carcassonne à la tête de 100 chevaliers en armure. Il a dû laisser l’essentiel de son armée aux prises avec les Almohades dans la péninsule ibérique mais n'a, de toute façon, aucune envie de se confronter aux croisés, étant donné que le pape Innocent III lui accorde toute sa confiance. Il est autorisé à rencontrer le vicomte Trencavel qui accepte qu'il lui serve d'intermédiaire dans la perspective d’une reddition. Mais, en nette positon d’infériorité, Pierre d’Aragon se voit imposer des conditions impitoyables de la part d’Arnaud-Amalric. Celles-ci sont simplement inacceptables. Il autorise, en effet, Raimond-Roger à quitter Carcassonne avec 11 de ses hommes avant que les croisés n’investissent la ville à laquelle il réserve le même sort que Béziers. Le vicomte refuse tout net et le roi d’Aragon se retire.
14 août 1209 – l’eau commence à manquer dans les puits et la chaleur continue de s’abattre sur Carcassonne. Face à la dégradation de la situation, le vicomte Raimond-Roger Trencavel demande à reprendre les négociations avec les croisés. Il propose de se rendre à la condition qu’en échange, la population de la ville ait la vie sauve. Cette offre acceptée, il est immédiatement conduit en prison. Quant aux habitants de Carcassonne, ils sont autorisés à quitter, un à un, la ville par une petite poterne, sans vêtements ni bagages, « n’emportant avec eux que leurs péchés » comme l’a cyniquement souligné l’abbé Gui des Vaux de Cernay. La cité vide tombe intacte aux mains des croisés sans qu’on ne dénombre de victimes. Les rescapés se disperseront dans les diverses régions d’Occitanie jusqu’en Aragon. Quant à Arnaud-Amalric il pourra se féliciter de sa mansuétude et s’enorgueillir du fait qu’il aura, pour une fois, résisté à Innocent III en laissant la vie sauve à des hérétiques.
Simon de Montfort devient "malgré lui" comte de Béziers et de Carcassonne
Fin août 1209 – Après avoir essuyé les refus de principe du duc de Bourgogne, des comtes de Nevers et de Saint Pol, les légats du pape forment une commission de deux évêques et de quatre chevaliers qui choisissent à l’unanimité Simon de Montfort comme capitaine de la « chevalerie du Christ » (Militia Christi) et l’investissent des titres de comte de Béziers et de Carcassonne. Celui-ci refuse au départ, par politesse, mais finit par céder face à la pression conjointe de son « conseiller intime » l’abbé Gui des Vaux de Cernay et du légat Arnaud Amalric. Cette nomination ne peut que ravir le grand absent Philippe-Auguste qui compte Simon de Montfort parmi ses fidèles vassaux.
Septembre 1209 – Alors qu’une large part de l’armée croisée a rejoint ses terres d’origine, Simon de Montfort ne relâche pas la pression, encouragé par la gloire qu’il vient d’acquérir en s'étant substitué, en seulement quelques semaines, aux puissants Trencavel. Bien qu’il n’ait plus à ses côtés qu’une trentaine de chevaliers et quelques 500 ribauds prêts à tout, nul n’ose plus lui résister. Il profite de cette situation pour compenser les difficultés financières auxquelles il commence à être confronté en restaurant la dîme et en instaurant un nouvel impôt de trois deniers annuels par foyer au bénéfice du Saint Siège. Il donne, par ailleurs, 40 jours aux hérétiques pour réintégrer l’Eglise, faute de quoi ils seront passibles de lourdes amendes.
Simon de Montfort assied son pouvoir territorial envoyant une partie de ses fidèles s’emparer de Limoux et de Saissac dont il offre la seigneurie à Bouchard de Marly tandis qu'il se saisit d’Alzonne, de Montréal et surtout de Fanjeaux où il va installer ses quartiers d'hiver. Ce choix tient quelque part de la provocation, car s'il est devenu le nouveau seigneur des lieux depuis qu'il a hérité du comté de Carcassonne, la cité est aussi connue pour accueillir l'évêque cathare Guilhabert de Castres et dominer du haut de son clocher le monastère de Prouille où le prêcheur Dominique de Guzman tente de faire rentrer dans le rang les "brebis égarées". Ce sont toutefois des villes à demi désertes qui lui ouvrent leurs portes et l’accueillent, dans la crainte, en triomphateur. Remontant vers le nord, il investit Castres, Lombers et surtout Albi où il reçoit la soumission de l’évêque.
Novembre 1209 – Simon de Montfort fait le voyage jusqu’à Narbonne pour s’entendre avec le roi Pierre II d’Aragon. Il lui propose de devenir son vassal pour les comtés dont il vient de déposséder Raymond-Roger Trencavel mais Pierre II refuse cette offre. Il lui propose en échange de l’accompagner à Montpellier, une invitation on ne peut plus embarrassante pour Simon de Montfort qui se sent toutefois obligé de l’accepter. De nombreux seigneurs se désolidarisent pour l’occasion. Ils retournent, pour la plupart, dans leurs châteaux, prêts à en découdre en profitant des possibilités que leur offre la nature du relief pour pratiquer une tactique de harcèlement.
Aymeri III de Narbonne et Simon de Montfort : une nouvelle relation de cousinage
Aymeri de Narbonne a soutenu du bout des lèvres l’armée croisée, pressé par le duc Eudes III de Bourgogne mais aussi par solidarité envers le comte Raymond VI de Toulouse, soumis pieds et poings liés au bon vouloir du tout-puissant légat Arnaud-Amalric. De son côté, Simon de Montfort, investi des titres appartenant jusque-là à la famille Trencavel s’efforce de se rapprocher du vicomte de Narbonne dans l’espoir de légitimer de façon formelle ses nouvelles attributions. Il dispose, en cela, d’un atout, de charme. Parmi les gens de sa suite figure notamment Marguerite de Montmorency (1175-1230) dame de Verneuil, Poissy, Vernouillet et Meulan dont le père Mathieu de Montmorency-Marly s’est illustré en Terre Sainte. Son frère Bouchard de Marly (1170-1227) est aussi le cousin par alliance de Simon de Montfort du fait de son mariage avec Alix de Montmorency. Marguerite est âgée de 34 ans et, fait exceptionnel à l’époque, n’a encore jamais été mariée. Quant à Aymeri, il s’est séparé l’année précédente de sa première épouse Guillema de Castelvell sans avoir eu d’enfant. Leur union sera rapidement célébrée, portant, bien évidemment une immense charge symbolique tant par son improbabilité première que par le message de réconciliation qu’elle peut envoyer, Aymeri de Narbonne ayant désormais une relation de cousinage avec Simon de Montfort. Le chemin, restera, cependant, encore très long à parcourir.
10 novembre 1209 – Raimond-Roger Trencavel meurt dans la prison de son château de Carcassonne à l’âge de 24 ans. On ne connait pas précisément les raisons de sa mort, la dysenterie, a-t-on-dit. On suggère aussi que Simon de Montfort n’y serait pas étranger et qu'il l'aurait fait empoisonner, du fait qu’il est le grand bénéficiaire de cette disparition en tant que nouveau comte de Carcassonne. Il n’oublie justement pas, au passage, d’obliger Agnès de Montpellier, veuve de Raimond-Roger, à renoncer à ses droits sur la seigneurie.
Raimond-Roger Trencavel, qui de par sa généalogie n'était, ni plus ni moins, que le petit neveu du roi Louis VII, laisse aussi un fils Raymond II (1207-1263/7), confié quelques mois plus tôt par son père au comte Raymond-Roger de Foix (1152-1227), un proche du roi Pierre II d’Aragon qui a bataillé par le passé aux côtés de Philippe-Auguste et de Richard Cœur de Lion.
13 novembre 1209 – Sollicité par le pape Innocent III pour apporter son soutien aux croisés, le vicomte Aymeri III accepte de se joindre à Simon de Montfort pour aller assiéger le château de Puisserguier. Celui-ci vient de tomber aux mains de Guiraud de Pépieux (c.1170- c.1240), seigneur d’Aigues-Vives, d’Agel et de Pouzols, vassal des vicomtes de Narbonne qui a profité, du déplacement de Simon de Montfort à Montpellier pour s'en emparer. Bien que n'ayant pas adhéré, à titre personnel, à la doctrine cathare, il voue une véritable haine à ces chevaliers venus du nord qu’il accuse de l’avoir trahi en brutalisant à mort son oncle au mois d’aout devant Carcassonne alors qu’il avait offert ses services à Simon de Montfort. Au dernier moment, Aymeri se ravise et fait demi-tour avec la compagnie de Narbonnais qui l’accompagnent. Isolé, Simon de Montfort se retire à Capestang tandis que Guiraud part se réfugier à Minerve auprès du seigneur Guilhem IV, emmenant avec lui deux chevaliers qu’il tenait prisonniers. Il na jamais adhéré à la doctrine des cathares même si plusieurs de ses proches les ont rejoints mais sa haine des croisés est devenue si forte qu’il est prêt, pour les combattre, à tous les excès.
Novembre 1209 – Faisant suite à la mort de Raimond-Roger Trencavel et au refus de Pierre II d’Aragon de reconnaître Simon de Montfort comme son vassal pour le comté de Carcassonne, Pierre Roger Cabaret, seigneur de Lastours organise la résistance contre les croisés. Il avait eu la vie sauve après le siège de Carcassonne mais se considère délié de son devoir de fidélité et défend sa seigneurie qu’il considère victime d’une imposture.
Novembre 1209 – Simon de Montfort et la trentaine de chevaliers qui lui sont restés fidèles assiègent les châteaux de Lastours où Pierre-Roger Cabaret abrite notamment des membres de la communauté cathare venus s’y réfugier après la chute de Carcassonne. Il résiste farouchement à Simon de Montfort qui n’a vite d’autre choix que de se retirer, conscient qu’il ne dispose pas des effectifs suffisants pour s’emparer d’une position naturellement si bien défendue. Imprudent, Bouchard de Marly, compagnon de Simon de Montfort est piégé dans une embuscade préparée par Pierre-Roger Cabaret. Il est fait prisonnier et enfermé dans une des tours des châteaux de Lastours.
La capture de Bouchard de Marly constitue une intéressante monnaie d’échange pour Pierre-Roger Cabaret, d’autant qu’il est devenu tout récemment le beau-frère du vicomte Aymeri de Narbonne.
6 décembre 1209 - Pierre de Fenolhet et sa mère Ava, connue pour sa proximité avec les cathares, rendent à Narbonne hommage au vicomte Ameri III pour leur château de Fenouillet et la seigneurie de Fenouilledès. Pierre de Fenolhet est le fils de Bertrand de Saissac dont il avait hérité de la seigneurie dans le Cabardès avant d'en être dépossédé pour "crime d'hérésie" au profit de Bouchard de Marly. Le fait de se placer sous la suzeraineté de la vicomté de Narbonne lui permet d'éviter que soient confisquer ses titres et ses domaines dans le Fenouilledès.
Décembre 1209 – après son échec à Lastours, Simon de Montfort se dirige vers Pamiers, répondant à l’appel de Vital, abbé de Saint Antonin de Frédelas. Il s’empare de Mirepoix, hier encore un haut lieu cathare, qu’il offre à son beau-frère Guy de Lévis. Il prend ensuite Saverdun avant de retourner à Fanjeaux. Dépourvu d'effectifs et de moyens, Simon de Montfort doit suspendre ses opérations jusqu'au printemps suivant, laissant, de fait, aux seigneurs vassaux des Trencavel, le temps de s'organiser pour préparer la résistance.

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